Occitanie : 500 000 consultations grâce au plan santé régional
Occitanie : 500 000 consultations avec le plan santé

En quatre ans, le dispositif « Ma santé, ma Région », porté par la Région Occitanie, a salarié 133 professionnels de santé. 500 000 consultations ont été assurées et 38 854 patients ont retrouvé un médecin traitant.

Un soulagement pour les habitants

« Quand je suis en Ariège, ils en parlent spontanément au même titre que “l’Ordi”. On sent une forme de soulagement. Ils ont galéré plusieurs mois, parfois plusieurs années. Et maintenant, ils nous demandent d’avoir des spécialistes dans les centres de santé » : à l’heure du bilan des quatre ans du dispositif, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, ne cache pas sa satisfaction.

Depuis l’ouverture, à Sainte-Croix-Volvestre (Ariège), du premier centre de santé « Ma santé, ma région », 25 autres ont suivi. Cinq sont programmés en 2026, une quinzaine sur les deux prochaines années. Le vingt-septième centre de santé ouvre ce mercredi 24 juin à Saint-Gaudens.

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L’intégration des spécialistes

Quant aux spécialistes, que les habitants veulent aussi pouvoir consulter dans des déserts médicaux, ils s’intègrent également dans le processus : « Six nouveaux postes viennent d’être créés dans des hôpitaux locaux, un cardiologue à Castres, un néphrologue à Rodez, un pneumologue à Albi, un psychiatre à Uzès, un pharmacien hospitalier à Clermont-l’Hérault, un médecin de médecine physique et réadaptation à Narbonne », liste Vincent Bounes, patron du Samu de la Haute-Garonne et vice-président de la Région chargé de la santé. Ils s’ajoutent aux 20 professionnels déjà en place, également salariés.

L’élu rappelle qu’en Occitanie, « 700 000 personnes n’ont pas de médecin traitant ». Elles sont « six millions en France », et « 26 millions de personnes vivent dans un désert médical », insiste la Région.

Des résultats chiffrés

Ces quatre dernières années, plus de 500 000 consultations ont été assurées, avec 133 professionnels de santé (119 médecins, 10 sages-femmes). À ce jour, 38 854 patients ont aussi retrouvé ainsi un médecin traitant.

Le schéma va au-delà de l’expérience initiée en Centre-Val de Loire, et désormais testée en Auvergne-Rhône Alpes. On « n’est pas tout à fait dans les missions des Régions mais la loi ne nous l’interdit pas », insiste Carole Delga. Si les deux premières années de fonctionnement « coûtent cher », un tiers des centres est aujourd’hui à l’équilibre financier.

Des témoignages de professionnels

« Quand j’ai entendu parler de ce projet, on a su que c’était la manière dont on voulait travailler, avec l’idée d’une coordination avec une équipe paramédicale, des infirmières, des kinésithérapeutes… On ne nous a pas crus. Il a fallu venir plusieurs fois pour que le projet se monte. Le dernier médecin était parti à la retraite », se souvient Béranger Irondelle, médecin généraliste du centre de santé de Sainte-Croix-Volvestre, qui a vu le jour avec le soutien de la Communauté de communes. Elle a financé le bâti, « c’est souvent le cas », précise Carole Delga.

« Deux médecins, on pensait que c’était une blague », reconnaît Nathalie Iglesias, secrétaire médicale également salariée du centre. Quatre ans après, un grand pas a été fait : « On est un village de 650 habitants et on a trois médecins généralistes, mais aussi gynécologue, dentiste, ostéopathe, psychologue… » « Depuis six-sept mois, on a une recrudescence de jeunes parents et de familles qui s’installent », elle « pense que ça joue ».

Les autres initiatives ont suivi dans un même cadre imposé a minima : « La participation à la permanence des soins, les visites à domicile ». Catherine Llinares-Trape, sage-femme salariée du centre des Cabannes, toujours en Ariège, officie « sur un tout petit territoire » : « Quand j’ai entendu parler de ce projet, je ne pouvais pas y croire ».

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« J’ai fait un bon choix de vous suivre ». Thomas Dubourg, infirmier en pratique avancé (IPA) salarié du centre de santé de Cahors, livre encore un témoignage enthousiaste. « J’ai commencé ma carrière par un exercice libéral, j’étais plutôt isolé. Je bénéficie d’un soutien administratif et logistique qui libère du temps clinique. Je travaille avec deux médecins, une troisième arrive en septembre… »

Audrey Lacipière a pris son poste de médecin salariée à Cugnaux, à 20 kilomètres de Toulouse, qui n’est pas épargnée par les déserts médicaux. « C’est le plus grand désert médical d’Occitanie, c’est pour ça qu’on développe des centres de santé urbains », insiste Vincent Bounes.

Prochaines étapes

La prochaine étape est déjà enclenchée : « On développe maintenant la collaboration entre les centres, on a des projets de formation commune, ça fait sens. J’ai fait un bon choix de vous suivre », se félicite Béranger Irondelle. Demain, ce sera au tour d’une vingtaine de docteurs juniors de venir étoffer le maillage des professionnels de santé sur le territoire. L’objectif est le même : assurer plus d’équité dans l’accès aux soins sur les 4500 communes de l’Occitanie.