La Fédération norvégienne de football (NFF) maintient la pression sur Gianni Infantino. Malgré le retrait de son projet de société commerciale, elle exige désormais ouvertement la démission du président de la FIFA. « Il n'a pas la confiance institutionnelle nécessaire pour diriger la FIFA de manière stable dans la période que nous traversons actuellement. Il n'y a plus de retour en arrière possible », a déclaré la présidente de la NFF, Lise Klaveness, lors d'une conférence de presse. « Nous allons demander au président de la FIFA de démissionner maintenant », a-t-elle ajouté.
Un président contesté et seul candidat
En poste depuis 2016, Gianni Infantino est pour l'instant le seul candidat déclaré à sa propre succession. Pour être réélu en mars prochain, il devra obtenir une majorité des 211 voix des fédérations membres de la FIFA. Mais selon Lise Klaveness, il ne peut plus rassembler. « Compte tenu du chaos dans lequel nous nous trouvons, il ne peut plus être la figure capable de rassembler », a-t-elle insisté auprès de l'AFP.
Lise Klaveness, une possible candidate ?
Certaines voix, dont celle de l'ancien président de la FIFA Sepp Blatter, évoquent Lise Klaveness comme possible successeure d'Infantino. Elle deviendrait alors la première femme à la tête de l'instance. « Elle a été la seule à toujours prendre clairement position et à ne pas suivre le courant dominant. Et à la FIFA, le moment est venu pour une femme de prendre les rênes », a écrit Blatter sur le réseau X. Interrogée par l'AFP, Klaveness a tempéré : « Nous n'en sommes pas là. Pour nous, il s'agit maintenant des sujets dont je viens de parler, et non de personnes en particulier. Ce serait étrange que je commence à répondre à des questions sur moi-même, et cela vaut pour tout le monde », a expliqué la juriste de 45 ans.
Saisine du comité éthique sur trois dossiers
La fédération norvégienne a par ailleurs décidé de saisir le comité éthique de la FIFA sur trois dossiers : le projet avorté d'ouverture à des investisseurs privés, l'annulation de la suspension de Folarin Balogun lors du Mondial après une intervention de Donald Trump, et l'attribution par la FIFA d'un « prix de la paix » au président américain. Elle va aussi demander un examen complet des réformes auxquelles Infantino s'était engagé.
Cette offensive norvégienne intervient dans un contexte de tensions croissantes au sein du football mondial. La NFF, qui avait déjà critiqué les conditions d'attribution de la Coupe du monde 2034 à l'Arabie saoudite, semble vouloir incarner une opposition structurée à la gouvernance actuelle. Reste à savoir si d'autres fédérations emboîteront le pas, alors que le congrès électif de la FIFA se profile.



