MPO, le spécialiste du vinyle, triple sa production en Mayenne
MPO triple sa production de vinyles en Mayenne

Moins de deux ans après avoir été placée en redressement judiciaire, la société mayennaise Moules plastiques de l'Ouest (MPO), entreprise familiale créée en 1957 et devenue une référence mondiale du pressage des disques vinyle, a retrouvé le sourire. Son plan de redressement a été validé par la justice en avril et, quelques semaines plus tard, la direction annonçait que la production annuelle serait triplée en 2026 pour atteindre 1,5 million d'exemplaires.

Un retour en grâce pour le vinyle

« La confiance est de retour, affirme Stanislas Renard, 54 ans, PDG de MPO France depuis un an. Celle de nos clients dans tous nos savoir-faire et celle des équipes dans la stratégie de l'entreprise. » Sans compter les effets de la hype. Le vinyle est tendance. Les chiffres 2025 du Syndicat national de l'édition phonographique (SNEP) parlent d'eux-mêmes : le marché du vinyle a progressé de 15 % et atteint les 113 millions d'euros. En valeur, il dépasse désormais celui du CD, dont MPO est également spécialiste.

Une diversification clients cruciale

Dernier effet de cet alignement des planètes, la visite, mercredi 6 mai, à Villaines-la-Juhel (Mayenne), le site de pressage des vinyles, de Tayc, venu dédicacer ici des exemplaires collectors de son prochain album, présenté à Paris les 15 et 16 mai. Si Play Two, le label indépendant qui le produit, fait fabriquer ici les exemplaires de ce futur succès, c'est que l'entreprise a décidé d'élargir son portefeuille clients pour garantir son avenir. En 2025, le chiffre d'affaires était de 43 millions d'euros. En 2026, il est prévu à 60 millions.

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« Une des raisons des difficultés de MPO était la dépendance à un partenaire, Universal, qui nous confiait les albums de Taylor Swift, pour lesquels 100 % de l'outil de production était parfois mobilisé », révèle Stanislas Renard, qui a forgé son expérience dans de grandes sociétés, en France et à l'étranger, en passant par le contrôle de gestion et le marketing. « Aujourd'hui, nous travaillons avec tous les majors et beaucoup d'indépendants. Nous devions nous réinventer. »

Objectifs ambitieux et recrutements

Pour apurer sa dette en dix ans, ainsi que le prévoit le plan de redressement, et recoller au peloton américano-germano-tchèque qui domine le secteur, MPO voit grand. Après les marchés français et anglo-saxon, cap sur l'Amérique du Sud, la Chine et le Japon. « Pour muscler notre force de vente, nous allons parler la langue de nos clients », lance Stanislas Renard. Ses prospecteurs seront polyglottes. Quant aux ateliers, ils continueront à monter en compétence. Objectif : innover sans cesse, du pressage à la distribution.

MPO emploie 500 personnes sur trois sites – Villaines-la-Juhel, Le Mans (Sarthe), Madrid (Espagne). La parité est réelle, la moyenne d'âge élevée. « Une trentaine de postes sont ouverts, annonce Stanislas Renard. Il faut trouver les arguments pour convaincre les nouvelles générations de nous rejoindre et entretenir le dialogue interne pour mieux répondre aux attentes. » Le PDG en est convaincu : « La façon dont on atteint les résultats est aussi importante que les résultats eux-mêmes. »

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