Un an après son titre surprise en Pro D2, le club tarn-et-garonnais est assuré de retourner en deuxième division la saison prochaine. Une descente liée à de nombreux facteurs.
Une saison difficile dans l'élite
Défaits à Montpellier samedi après-midi (59-10), les Montalbanais disent officiellement adieu à l'élite du rugby français, après une seule saison et un titre surprise de champion de France de Pro D2. À trois journées de la fin, le promu que personne n'attendait compte 17 points de retard sur le 13e, Perpignan. Les Catalans ne peuvent donc plus être rattrapés pour la place de barragiste.
« Notre effectif est vieillissant, une quinzaine de mecs vont arrêter, on va devoir reconstituer un groupe, une cohésion, autant sur le rugby qu'à côté », expliquait le manager Sébastien Tillous-Borde quelques jours avant le match. Mais il préfère retenir le positif de cette année dans l'élite : « Ça a permis au club de retrouver des ambitions, se structurer et progresser sur la formation, l'administratif, le stade, le centre d'entraînement… »
Des débuts prometteurs mais des problèmes extra-sportifs
Après une fête si belle, mais aussi si inattendue, avec le titre de Pro D2 le 7 juin 2025, tous les observateurs prédisaient une belle gueule de bois à l'USM, avec un chemin de croix dans l'élite. Les observateurs peuvent certes se tromper, mais les augures sur les Tarnais se sont vérifiés, match après match, malgré un petit espoir en début de saison. « Se maintenir, ce sera déjà bien », reconnaissait à l'aube de cet exercice le manager Sébastien Tillous-Borde : « Sur le rythme, la Pro D2 ne nous habitue pas à enchaîner de la sorte ».
L'absence de recrutement de joueurs habitués aux joutes de l'élite avait suscité des premiers doutes. Le staff est aussi resté limité par la dimension budgétaire, qui n'a pas nécessairement suivi l'accession sportive, comme si la descente était déjà dans les têtes du promu surprise.
Mais les débuts de l'USM dans l'élite ont d'abord fait parler pour des questions extra-sportives. Cela a commencé par des déclarations du capitaine Fred Quercy très amères sur le sélectionneur Fabien Galthié lors de l'événement de rentrée de la Ligue nationale de rugby. Résultat : une suspension pour le joueur, et le club contraint à des excuses. Dans les semaines suivantes, le bouclier de Pro D2 a été volé, à l'occasion d'une foire agricole.
Puis, à la mi-octobre, l'un des symboles et élément moteurs de cette équipe, l'ouvreur Jérôme Bosviel, au club depuis 2016 et principal buteur, a reconnu son addiction aux jeux d'argent et le fait de s'être servi à plusieurs reprises dans les caisses de l'association des joueurs. Un facteur de tension supplémentaire pas de nature à souder un groupe, déjà sous la pression des résultats.
Un hiver interminable
Sportivement, les Vert et Noir sont dès le début loin du compte en déplacement, encaissant 54 points au Stade Français, 71 à Bordeaux-Bègles puis 83 à Clermont. Mais ils misent tout sur les réceptions. Les premières joutes sur leur pelouse synthétique de Sapiac sont équilibrées et deux premiers points sont acquis contre Montpellier dès la 4e journée (22-22), laissant derrière le spectre d'une saison avec 100 % de défaites, comme Agen en 2020/21.
Surtout, le promu bénéficie de la singulière méforme de l'Usap, qui ne glane son premier point qu'en novembre. La première confrontation directe entre les deux équipes est même remportée par l'USM (29-22), le 25 octobre, ce qui renforce les espoirs d'accrocher la treizième place, synonyme de match de barrage.
Toutefois, l'enchaînement des matchs use et l'arrivée de la Challenge Cup n'apportent pas un nouvel élan, bien au contraire (quatre défaites en quatre matchs), à un groupe déjà à bout de souffle. Montauban n'a plus décroché la moindre victoire depuis ce 25 octobre : soit 19 défaites d'affilée, série en cours, dont une fatale en janvier à Perpignan (31-8), chez des Catalans revigorés. Le staff a tenté d'activer tous les leviers, appelant sans cesse à un « électrochoc ». Mais ça n'a pas suffi et le promu va donc aussitôt prendre l'ascenseur pour retourner en Pro D2. Comme Vannes et Oyonnax les saisons précédentes, signe d'un système pyramidal dont le sommet est peut-être trop inaccessible.



