Elon Musk est devenu le premier trillionnaire de l'humanité, avec une fortune virtuelle de mille milliards de dollars après l'introduction en Bourse de SpaceX le 12 juin 2026. Le philosophe Michaël Foessel, dans un entretien de 2022 pour le hors-série du « Nouvel Obs » sur les hyper-riches, analyse ce phénomène et l'« illusion individualiste » qui l'entoure. Nous republions cet entretien, dont la pertinence reste intacte.
La philosophie face aux hyper-riches
La philosophie s'intéresse-t-elle aux hyper-riches ? La critique de la richesse excessive est aussi vieille que la philosophie. Socrate s'en prenait aux sophistes parce qu'ils monnayaient la vérité en faisant payer leur enseignement, et Aristote opposait la chrématistique (la recherche de la richesse) à l'économie véritable. Aujourd'hui, ce qui domine le monde, c'est l'argent comme capital dématérialisé, comme richesse avant tout financière et abstraite.
L'illusion individualiste
Michaël Foessel souligne que le parcours d'Elon Musk est souvent présenté comme un exemple de réussite individuelle, mais cette vision ignore les structures sociales et économiques qui permettent une telle accumulation. La richesse spéculative, déconnectée de la production réelle, crée une illusion de mérite personnel alors qu'elle repose sur des mécanismes financiers complexes et souvent opaques.
Une actualité persistante
Cet entretien, réalisé en 2022, n'a rien perdu de sa pertinence. La montée en puissance des hyper-riches, symbolisée par Elon Musk, interroge notre rapport à l'argent, au travail et à la justice sociale. La philosophie nous invite à réfléchir sur les fondements éthiques de la richesse et sur les conséquences d'une économie de plus en plus financiarisée.



