Mardi 2 juin, le lycée professionnel Pierre-et-Marie-Curie de Menton accueillait son traditionnel job dating de fin d’année, un rendez-vous devenu incontournable pour les futurs diplômés. Dans la salle Rosa Parks, plusieurs dizaines d’élèves de terminale ont enchaîné les entretiens de dix minutes, parfois avec un peu de stress, face à une quinzaine d’acteurs du territoire : collectivités, organismes de formation et entreprises venus à la rencontre des jeunes talents.
Monaco, moteur de l’emploi pour les filières techniques
Cette année encore, un constat s’est imposé : parmi les recruteurs présents, les Monégasques occupaient une place de choix. Les entreprises de la Principauté sont venues chercher à Menton les compétences dont elles ont besoin, en proposant aussi bien des contrats d’apprentissage que des embauches directes. Une dynamique qui ne date pas d’hier, selon Patrick Recoules, responsable du Bureau des entreprises de l’établissement mentonnais. « Notre lycée, dans la partie industrielle, est très fortement en lien avec Monaco. La Principauté absorbe une grande partie de nos élèves, que ce soit en stage, en recrutement ou en intérim. On est sur une logique où le bassin d’emploi est clairement structuré par Monaco. »
Selon lui, les besoins du marché monégasque correspondent parfaitement aux formations proposées par l’établissement. « Les entreprises de Monaco recrutent beaucoup, notamment dans nos filières techniques. La spécificité, c’est l’électrotechnique : électriciens, climaticiens, chauffagistes, métiers des courants faibles ou de la domotique. Tout cela correspond à une demande directe. » Des besoins qui contrastent avec ceux du bassin mentonnais. « Ici, nous n’aurions pas autant de débouchés dans ces secteurs. La demande est davantage tournée vers l’hôtellerie-restauration. »
L’alternance comme voie royale vers l’emploi
Présente lors du job dating, la Caisse de Formation du Bâtiment de Monaco joue un rôle d’intermédiaire entre les jeunes en recherche d’alternance et les entreprises du secteur. « Il n’existe actuellement pas de filière de formation dédiée aux métiers du bâtiment dans les établissements scolaires monégasques », explique sa coordinatrice, Estelle Weyland. « Nous sommes donc ici pour mettre en relation les jeunes qui recherchent un apprentissage avec les entreprises monégasques qui recrutent. Monaco représente un bassin d’emploi particulièrement dynamique, notamment dans le secteur de la construction. »
Et l’alternance constitue bien souvent un premier pas vers un emploi durable. « Nos acteurs économiques considèrent très souvent l’apprentissage comme un parcours de pré-embauche. L’objectif est de former les jeunes aux méthodes de l’entreprise pour ensuite les intégrer durablement à leurs équipes. » Une stratégie confirmée par la Société Monégasque d’Électronique, fidèle au rendez-vous mentonnais. « Plusieurs collaborateurs de notre société sont issus du lycée Pierre-et-Marie-Curie. Nous avons également deux apprentis actuellement en poste qui ont été recrutés lors de l’édition précédente. Nous sommes revenus cette année pour identifier de nouveaux profils prometteurs », indique Olivier Rosso, co-directeur de l’entreprise.
Pour les élèves, Monaco reste l’horizon naturel
Du côté des étudiants, l’intérêt pour les entreprises monégasques ne fait guère de doute. Aron, élève en terminale maintenance électrique, a déjà effectué l’ensemble de ses stages dans la Principauté. « Je suis venu rencontrer des entreprises sérieuses qui recrutent chaque année. Comme je souhaite entrer rapidement dans la vie active, cela m’intéresse beaucoup. » Pour lui, Monaco représente même l’objectif idéal. « Les salaires sont nettement plus élevés qu’en France et les projets sont souvent plus avancés sur le plan technique et technologique. C’est important pour acquérir une expérience de qualité. »
Même discours chez Antonio et Adan, élèves en terminale CAP électricité. « Pour nous, il n’y a aucun doute : nous nous orientons clairement vers une carrière à Monaco. »



