Un projet ambitieux mais enlisé
L'Union de l'épargne et de l'investissement (UEI), présentée comme le pendant de l'union bancaire, est souvent qualifiée d'Arlésienne de l'Europe : on en parle depuis des années, mais elle ne se concrétise pas. Ce projet, qui vise à mieux canaliser l'épargne des Européens vers l'investissement productif, a été relancé récemment par la Commission européenne, mais les obstacles restent nombreux.
Des intérêts nationaux divergents
Les États membres peinent à s'accorder sur les modalités. L'Allemagne, par exemple, craint une harmonisation qui affaiblirait ses Sparkassen (caisses d'épargne locales), tandis que la France pousse pour une intégration plus poussée. Les banques, de leur côté, redoutent une concurrence accrue et des contraintes réglementaires supplémentaires.
- Harmonisation des règles fiscales sur les produits d'épargne
- Création d'un label européen pour les fonds d'investissement
- Suppression des barrières transfrontalières pour les investisseurs
Un enjeu crucial pour la compétitivité
Pourtant, l'UEI est cruciale pour financer la transition écologique et numérique de l'économie européenne. Actuellement, une grande partie de l'épargne des ménages reste dormante sur des comptes courants ou est investie hors d'Europe. Selon la Commission, 300 milliards d'euros d'épargne pourraient être redirigés chaque année vers des investissements productifs si l'UEI était mise en place.
Les experts estiment que le projet avance trop lentement. Les discussions butent sur des questions techniques comme la définition d'un produit d'épargne paneuropéen ou la supervision des marchés. Sans accord politique fort, l'UEI risque de rester une énième promesse non tenue.
Quelles perspectives ?
La présidence française du Conseil de l'UE a remis le sujet à l'ordre du jour, mais les élections européennes de 2024 pourraient ralentir le processus. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si l'Europe parvient enfin à transformer son épargne en levier de croissance.



