Loin des tropiques, la Suisse est devenue une forte consommatrice de café
Loin des tropiques, la Suisse forte consommatrice de café

La Suisse, pays sans climat tropical, s'est imposée comme l'un des plus grands consommateurs de café au monde. Selon l'Organisation internationale du café (OIC), les Suisses consomment en moyenne 8,3 kilogrammes de café vert par habitant et par an, soit environ 550 tasses par personne. Ce chiffre place la Suisse au troisième rang mondial, derrière la Finlande et la Norvège.

Une tradition d'importation et de torréfaction

Le café n'est pas cultivé en Suisse, mais le pays a développé une expertise historique dans l'importation et la torréfaction. Dès le XIXe siècle, des entreprises comme Nestlé ou Jacobs Suchard ont bâti leur réputation sur le café. Aujourd'hui, la Suisse importe des grains de plus de 80 pays, principalement du Brésil, de la Colombie et du Vietnam. Les torréfacteurs suisses transforment ces grains en produits finis, exportés dans le monde entier.

Selon l'Office fédéral de la statistique, la Suisse a importé 200 000 tonnes de café en 2025, dont une partie est réexportée après torréfaction. Le pays abrite également des marques de café de spécialité comme Nespresso, dont le siège est à Lausanne.

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Une consommation ancrée dans la culture

Le café fait partie intégrante du quotidien suisse. Dans les cantons alémaniques, le « Kaffee und Kuchen » (café et gâteau) est une institution. En Suisse romande, le café est souvent accompagné d'un verre d'eau. Les cafés et bars sont nombreux, et la pause-café est un rituel social.

Selon une étude de l'Université de Saint-Gall, 80 % des Suisses boivent du café quotidiennement, avec une préférence pour le café filtre ou l'espresso. Le café soluble, autrefois populaire, a perdu du terrain face aux machines à capsules.

Des enjeux environnementaux et économiques

La consommation élevée de café en Suisse a un impact environnemental. Le transport aérien des grains, bien que minoritaire, génère des émissions de CO2. De plus, les capsules Nespresso, fabriquées en aluminium, posent un problème de recyclage. En 2025, seulement 30 % des capsules étaient recyclées, selon l'Office fédéral de l'environnement.

Sur le plan économique, le café représente un marché de 3 milliards de francs suisses (environ 3,1 milliards d'euros) en Suisse. Le pays exporte pour 1,5 milliard de francs de café torréfié par an. Cependant, la volatilité des prix du café vert, due au changement climatique, menace la filière. « Le réchauffement climatique réduit les zones de culture, ce qui pourrait augmenter les coûts d'importation », explique un expert de l'OIC.

Un avenir durable pour le café suisse

Face à ces défis, l'industrie suisse du café investit dans la durabilité. Des initiatives comme le label « Coffee Circle » ou « Fairtrade Max Havelaar » se développent. Les torréfacteurs s'engagent à acheter du café certifié commerce équitable ou biologique. En 2026, 25 % du café importé en Suisse était certifié durable, contre 15 % en 2020.

En parallèle, des startups suisses innovent pour réduire l'empreinte carbone du café, par exemple en utilisant des capsules compostables ou en développant des alternatives végétales au café. La Suisse, sans produire un seul grain, reste ainsi au cœur de l'économie mondiale du café.

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