Le ministre délégué chargé des Comptes publics, Sébastien Lecornu, a réaffirmé ce mardi sa volonté de tenir l'objectif de ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB) d'ici 2029. Interrogé sur France Inter, il a souligné que cet engagement était crucial pour la crédibilité financière de la France auprès de ses partenaires européens et des marchés.
Un calendrier contraignant
Cet objectif, fixé par le gouvernement, s'inscrit dans le cadre des règles budgétaires européennes qui exigent des États membres de réduire leur déficit sous la barre des 3% du PIB. La France, qui affichait un déficit de 5,5% en 2023, doit donc engager un effort significatif de consolidation budgétaire. Lecornu a précisé que le chemin serait exigeant, mais que des réformes structurelles et une maîtrise des dépenses publiques permettraient d'y parvenir.
Des critiques de l'opposition
L'annonce a suscité des réactions mitigées. Plusieurs économistes et membres de l'opposition jugent cet objectif irréaliste, compte tenu de la conjoncture économique incertaine et des besoins d'investissement dans la transition écologique et le social. Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé une « austérité déguisée » qui pénaliserait les ménages les plus modestes. De son côté, le Medef a salué la détermination du gouvernement, tout en appelant à une baisse des dépenses publiques plutôt qu'à une hausse des impôts.
Lecornu a également évoqué les pistes d'économies, notamment la réforme des retraites et la lutte contre la fraude fiscale, sans donner de chiffres précis. Il a insisté sur le fait que la croissance resterait le moteur principal du redressement des comptes publics, avec une prévision de croissance de 1,4% en 2024 selon le gouvernement.
Le ministre a conclu en appelant à une « responsabilité collective » pour éviter une dégradation de la note souveraine de la France, qui pourrait renchérir le coût de la dette. La trajectoire budgétaire sera détaillée dans le prochain projet de loi de finances, attendu à l'automne.



