La Kermesse Festival : le succès varois qui conquiert la France
La Kermesse Festival : le succès varois qui conquiert la France

Depuis La Valette-du-Var, Chafadou Productions exporte sa marque d'événements La Kermesse Festival avec près de 5 millions d'euros de chiffre d'affaires. Créé en 2021 à Nice et développé à La Seyne, le festival est désormais présent dans cinq villes de France. Ses fondateurs, Pierre Abbate et Jordan Galtier, visent désormais le marché francophone international.

Une success-story varoise

Pierre Abbate, producteur de La Kermesse Festival, et son associé Jordan Galtier, fondateurs de Chafadou Productions dont le siège est à La Valette-du-Var, ont bâti un empire en misant sur la nostalgie des années 2000. Après Nice, La Seyne et Toulouse, « cette année, on fait évoluer le festival à Lyon, à Gerland, c'est notre premier stade », annonce Pierre Abbate. Sur 30 000 places disponibles, 25 000 ont déjà été vendues. « Et on lance aussi le festival à Ajaccio, au théâtre de verdure du Casone, pendant trois jours. »

Le duo d'entrepreneurs s'appuie sur un modèle rentable qu'ils ont choisi de « dupliquer » dans plusieurs villes de France pour « aller à la rencontre des festivaliers chez eux ». « Notre objectif à terme, c'est d'arriver aussi dans le Nord, à Paris ou ses alentours, et de partir à l'international, Suisse, Belgique et Québec, un marché à aller chercher et qu'on n'a aujourd'hui pas encore exploité », anticipe le chef d'entreprise en croissance constante. Après avoir réalisé 4,8 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025, l'objectif est de 6,5 millions d'euros cette année pour les deux associés.

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Une marque reconnue

La société de production, qui emploie six salariés, intègre la programmation, la gestion de la billetterie, le merchandising, le débit de boissons… La billetterie représente 60 % des revenus de la marque, suivie du bar « une manne financière importante pour les festivals » (25 %), le merchandising (10 %) et la location des espaces de restauration (5 %). « La seule chose qu'on délègue, c'est la restauration. Des emplacements chers, on n'a pas honte de le dire, mais avec une très belle marge pour les exploitants. »

La recette du succès ? La nostalgie d'une génération pour des artistes de la chanson française des années 2000. « On est sur un secteur où les cachets, sans dénigrer les artistes rémunérés entre 2000 et 80 000 euros la prestation, sont peut-être 40 fois moins importants que si vous voulez faire venir Maître Gims aujourd'hui, par exemple… ». Le « coût plateau » est ainsi estimé à 1,5 million d'euros, contre 1 million d'euros - dont 350 000 à La Seyne - pour le budget de communication.

La société Chafadou Productions organise également le Paranormal Festival, événement de musique électronique à Nice pour Halloween, et pratique la « cession de marque » à des municipalités pour des concerts gratuits ou à des communautés d'entreprise pour des événements privés, comme la fête de la musique à Grasse. La marque séduit un « bon public » de trentenaires et de quadragénaires qui intéressent les communes.

Retombées économiques

Avec autant de festivaliers que d'habitants pendant la durée du festival à La Seyne, les retombées économiques seraient considérables pour la deuxième ville du Var. « Les hôtels et les locations sont complets dès le mois de décembre à ces dates, et les commerçants multiplient leur chiffre d'affaires par trois ou quatre », assure Pierre Abbate. Sans compter les revenus pour les communes d'accueil : « On a un contrat avec la ville, concernant l'occupation du domaine public, soit fixe, soit variable en fonction du nombre de billets vendus. »

L'organisation du festival crée aussi des emplois « à 90 % locaux ». Par exemple, 600 intérimaires travaillent chaque jour pour la tenue du festival en bord de rade. « Nous sommes une société de droit privé, pas une association. Donc nous ne bénéficions d'aucune subvention, d'aucun mécénat et d'aucun bénévole. On ne demande pas d'argent public et tout le monde est payé ! » Une « fierté » pour le duo d'entrepreneurs.

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« On a mis toutes nos économies dans ce projet il y a cinq ans et on a perdu beaucoup d'argent au départ parce que les festivals rentables la première année, ça n'existe pas, rembobine Pierre Abbate. Ça a été un combat très fort de ne pas se payer, de ne pas gagner notre vie pour rester indépendant. Mais aujourd'hui on ne doit rendre de compte ni au Département, ni à la Région. On ne joue pas avec l'argent du contribuable, on produit avec notre propre trésorerie, ce qui nous rend beaucoup plus libres dans notre rémunération et dans nos choix stratégiques. »

La Kermesse Festival fera étape à Lyon le 28 juin, Nice du 3 au 5 juillet, Ajaccio du 10 au 12 juillet, La Seyne du 31 juillet au 2 août, et Toulouse du 13 au 15 août.