Jason Arday : mensonges, plagiat et aveuglement à Cambridge
Jason Arday : mensonges, plagiat et aveuglement à Cambridge

L'université de Cambridge fait face à un scandale académique d'envergure. Une enquête interne a mis au jour des accusations graves de plagiat et de falsification de données visant le professeur Jason Arday, figure montante de la sociologie de l'éducation. Selon les informations du Point, des dizaines de passages de ses travaux universitaires seraient directement copiés sans citation, et certaines données de recherche auraient été manipulées.

Des accusations de plagiat systématique

L'enquête, menée par un comité d'éthique de l'université, a examiné plusieurs publications de Jason Arday, notamment son ouvrage phare sur les inégalités raciales dans l'enseignement supérieur. Les résultats préliminaires indiquent que sur 150 pages analysées, près de 40 % contiennent des emprunts non attribués à d'autres auteurs, selon une source proche du dossier citée par Le Point. Le professeur Arday, qui a rejoint Cambridge en 2021 après un passage remarqué à l'université de Glasgow, nie toute intention frauduleuse.

« Je suis profondément attristé par ces allégations. Mon travail a toujours été guidé par une rigueur intellectuelle et une volonté de donner une voix aux minorités », a-t-il déclaré dans un communiqué transmis à la rédaction. Cependant, les preuves rassemblées par le comité d'éthique semblent accablantes. Des extraits de ses articles de revues, publiés entre 2018 et 2023, présentent des similitudes textuelles frappantes avec des sources non citées, allant de monographies à des articles de conférence.

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Une falsification de données présumée

Au-delà du plagiat, l'enquête pointe également des irrégularités dans les données utilisées pour ses recherches sur l'impact des politiques éducatives. Selon le rapport préliminaire, certaines statistiques avancées par Arday dans une étude de 2022 sur le taux d'abandon des étudiants issus de minorités ethniques ne correspondraient pas aux bases de données officielles du ministère de l'Éducation britannique. « Les chiffres semblent avoir été modifiés pour renforcer la thèse de l'auteur, sans justification méthodologique », a confié un membre du comité sous couvert d'anonymat au Point.

L'université de Cambridge, qui se targue d'être l'une des institutions les plus prestigieuses au monde, a réagi avec prudence. « Nous prenons ces accusations très au sérieux. Une procédure disciplinaire est en cours, et toutes les mesures nécessaires seront prises pour préserver l'intégrité académique », a indiqué un porte-parole de l'établissement. La direction a également suspendu temporairement Jason Arday de ses fonctions d'enseignement, en attendant les conclusions finales de l'enquête.

Un aveuglement institutionnel pointé du doigt

Ce scandale soulève des questions sur les pratiques de recrutement et de contrôle de qualité à Cambridge. Plusieurs universitaires, cités par Le Point, dénoncent un « aveuglement volontaire » face aux travaux d'Arday, dont la notoriété médiatique a peut-être occulté les lacunes académiques. « Il est devenu une figure emblématique de la lutte contre les discriminations, et cela a pu inciter ses pairs à fermer les yeux sur des manquements évidents », analyse un professeur de sociologie d'une autre université britannique.

L'affaire intervient dans un contexte de tensions croissantes autour de la place des études sur la race et l'ethnicité dans les universités anglo-saxonnes. Certains y voient une tentative de discréditer un chercheur engagé, tandis que d'autres estiment que la rigueur scientifique doit primer sur tout agenda politique. Le comité d'éthique de Cambridge doit rendre son rapport final dans les prochaines semaines, et pourrait recommander le retrait de plusieurs articles d'Arday des revues spécialisées.

En attendant, l'université a annoncé la mise en place d'un audit externe de ses procédures de vérification des publications, afin d'éviter que de tels cas ne se reproduisent. Jason Arday, de son côté, a promis de coopérer pleinement avec l'enquête et de fournir tous les éléments nécessaires à sa défense. L'issue de cette affaire pourrait avoir des répercussions durables sur la crédibilité de la recherche en sciences sociales au Royaume-Uni.

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