En Iran, le pouvoir d'achat des ménages s'effondre sous l'effet d'une inflation galopante, qui atteint officiellement 40 % par an, et de la dépréciation continue de la monnaie nationale, le rial. Selon les données publiées par la Banque centrale iranienne, le taux d'inflation annuel a dépassé 40 % en août, tandis que le rial a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar depuis l'été 2025. Cette situation provoque une colère grandissante dans la population, déjà éprouvée par des années de sanctions économiques et de mauvaise gestion.
Une inflation record qui ronge les ménages
Les prix des produits de première nécessité, tels que la nourriture, les médicaments et le logement, ont augmenté de manière spectaculaire. Le prix du pain a grimpé de 80 % en un an, celui des médicaments de 70 %, et les loyers dans les grandes villes comme Téhéran ont bondi de 50 %. Les salaires, eux, n'ont augmenté que de 20 % en moyenne, ce qui creuse considérablement l'écart entre les revenus et les dépenses. De nombreux Iraniens, notamment les fonctionnaires et les retraités, peinent à joindre les deux bouts et sont contraints de réduire leur consommation.
Des manifestations de plus en plus fréquentes
Cette dégradation du niveau de vie a déclenché des vagues de protestations dans plusieurs provinces, notamment au Khouzistan, au Lorestan et dans la banlieue sud de Téhéran. Les manifestants, souvent des travailleurs et des enseignants, réclament une hausse des salaires et une meilleure protection sociale. Selon des témoignages recueillis par l'Agence France-Presse, certaines manifestations ont été réprimées par les forces de l'ordre, faisant des blessés et des arrestations. Les autorités, elles, imputent la crise aux sanctions internationales et à la spéculation, tout en promettant des mesures d'aide ciblées.
Un régime sous pression, des solutions limitées
Face à cette crise, le gouvernement iranien a annoncé, en août, un plan de soutien aux ménages les plus modestes, comprenant des allocations en espèces et des subventions sur certains produits de base. Cependant, ces mesures sont jugées insuffisantes par les économistes, qui estiment qu'elles ne compenseront pas la perte de pouvoir d'achat. Par ailleurs, la Banque centrale a tenté de stabiliser le rial en injectant des devises sur le marché, mais ces interventions ont eu un effet limité. La crise économique risque de s'aggraver à l'approche de l'hiver, avec une demande accrue en énergie et en chauffage.
Selon le Fonds monétaire international, l'économie iranienne devrait se contracter de 2,5 % en 2026, après une récession déjà amorcée l'année précédente. Le chômage, officiellement à 11 %, touche particulièrement les jeunes diplômés, dont le taux de chômage dépasse 20 %. Dans ce contexte, le gouvernement cherche à relancer les négociations sur le nucléaire avec les puissances occidentales, dans l'espoir d'obtenir un allègement des sanctions. Mais ces discussions restent bloquées, et la population continue de subir les conséquences d'une crise multidimensionnelle.



