Le président de la FIFA, Gianni Infantino, est de nouveau au cœur d'une polémique. Selon des documents consultés par Mediapart, une indemnité à six chiffres a été versée à une maîtresse présumée du dirigeant, avec l'argent de l'UEFA. Cette révélation intervient alors que le Ministère public de la Confédération (MPC) suisse enquête déjà sur les relations entre Infantino et l'ancien procureur général du canton de Genève, Olivier Jornot.
Une enquête du Ministère public de la Confédération
Le MPC suisse a confirmé avoir ouvert une enquête pénale contre Gianni Infantino. Cette enquête porte sur des soupçons d'abus de confiance, de gestion déloyale des intérêts publics et de favoritisme, liés à des réunions non déclarées avec l'ancien procureur général du canton de Genève, Olivier Jornot. Les deux hommes auraient eu des entretiens secrets en 2016 et 2017, alors que le MPC s'intéressait à la gestion de l'UEFA par Infantino.
Un paiement en lien avec une maîtresse présumée
Selon Mediapart, une indemnité à six chiffres a été versée à une femme qui serait la maîtresse de Gianni Infantino. Ce paiement aurait été effectué avec l'argent de l'UEFA, l'instance dirigeante du football européen que le dirigeant a présidée de 2016 à 2021. Les documents consultés par le site d'investigation indiquent que cette somme aurait été versée dans le cadre d'un accord de confidentialité, afin de taire une relation extra-conjugale.
Des précédents judiciaires
Ce n'est pas la première fois que Gianni Infantino est confronté à des accusations de ce type. En 2020, le parquet suisse avait déjà enquêté sur des réunions non déclarées avec Olivier Jornot, mais l'affaire avait été classée sans suite. Cependant, la nouvelle révélation de Mediapart relance les soupçons et pourrait avoir des conséquences sur la position d'Infantino à la tête de la FIFA.
Une défense qui se veut rassurante
Interrogé par Mediapart, l'avocat de Gianni Infantino a rejeté les allégations, les qualifiant de « diffamatoires » et affirmant que son client « n'a jamais eu de comportement répréhensible ». Il a également précisé que l'indemnité versée était une « compensation légitime » pour des services rendus, sans lien avec une quelconque relation personnelle. Toutefois, ces explications n'ont pas convaincu les observateurs, qui rappellent que la FIFA a déjà été éclaboussée par de nombreux scandales de corruption.
Des conséquences pour l'image de la FIFA
Cette affaire pourrait ternir un peu plus l'image de la FIFA, déjà mise à mal par les scandales de corruption qui ont éclaté en 2015. Gianni Infantino, qui a promis de restaurer la crédibilité de l'instance, se retrouve une nouvelle fois sur la sellette. Selon des sources proches du dossier, cette affaire pourrait également avoir des répercussions sur les relations entre la FIFA et l'UEFA, notamment dans la perspective de la Coupe du monde 2026 qui se déroulera en Amérique du Nord.
Une procédure en cours
Le MPC a indiqué qu'il poursuivait son enquête et qu'aucune décision n'avait encore été prise concernant d'éventuelles sanctions. Gianni Infantino, qui est également membre du Comité international olympique, pourrait être convoqué pour être entendu dans les prochaines semaines. En attendant, ces nouvelles révélations risquent de relancer le débat sur la gouvernance de la FIFA et sur la nécessité d'une réforme en profondeur de l'instance.



