La banque britannique HSBC a été mise en examen le 3 juin 2026 à Paris pour blanchiment aggravé dans le cadre de l'affaire des biens mal acquis libanais. Les juges d'instruction lui reprochent d'avoir aidé l'ancien gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, à détourner des centaines de millions de dollars. Cette mise en examen intervient après plusieurs années d'enquête menée par les autorités françaises, qui suspectent HSBC d'avoir joué un rôle clé dans le système de détournement de fonds publics libanais.
Des accusations de complicité
Selon les informations judiciaires, HSBC aurait ouvert des comptes et facilité des transactions pour Riad Salamé et ses proches, permettant ainsi le transfert de sommes colossales vers des paradis fiscaux. Les enquêteurs estiment que ces opérations étaient destinées à dissimuler l'origine frauduleuse des fonds, provenant de la Banque du Liban. L'enquête a révélé que des centaines de millions de dollars auraient transité par des comptes HSBC entre 2010 et 2020.
Réaction de HSBC
HSBC a indiqué qu'elle contestait les accusations et qu'elle coopérait avec la justice française. Dans un communiqué, la banque a déclaré : "Nous prenons ces allégations très au sérieux et nous nous défendrons vigoureusement." Elle a également rappelé qu'elle avait renforcé ses procédures de conformité ces dernières années.
Contexte de l'affaire
Riad Salamé, gouverneur de la Banque du Liban de 1993 à 2023, est visé par plusieurs enquêtes en Europe pour détournement de fonds publics. Il est soupçonné d'avoir accumulé une fortune personnelle estimée à plusieurs centaines de millions d'euros, alors que le Liban traversait une grave crise économique. La France, l'Allemagne et le Luxembourg ont ouvert des enquêtes parallèles. HSBC est la première banque à être mise en examen dans ce dossier.
Cette mise en examen pourrait avoir des répercussions importantes sur le système bancaire libanais et sur les relations entre la France et le Liban. Les associations anticorruption saluent cette décision, y voyant un pas vers la justice pour les victimes de la crise libanaise.



