Le groupe Hachette Livre, accompagné de plusieurs autres éditeurs, a déposé une plainte contre Google devant le tribunal fédéral de New York le 15 juillet 2026. Les plaignants accusent le géant américain d'avoir violé leurs droits d'auteur en utilisant des œuvres protégées pour entraîner son modèle d'intelligence artificielle Gemini. Selon la plainte, Google aurait copié des millions d'ouvrages sans autorisation, portant atteinte aux droits des auteurs et des éditeurs.
Des milliers d'œuvres utilisées sans consentement
La plainte, déposée par Hachette Livre, HarperCollins, John Wiley & Sons et Penguin Random House, affirme que Google a utilisé des livres entiers pour alimenter Gemini, son IA générative. Les éditeurs estiment que cela constitue une violation massive du droit d'auteur, car Google n'a pas demandé de licence ni obtenu de permission. "Google a délibérément ignoré les lois sur le droit d'auteur pour construire un produit commercial", déclare Maria Pallante, présidente de l'Association of American Publishers, citée dans le document judiciaire.
Des précédents juridiques défavorables à Google
Cette action en justice s'inscrit dans un contexte de multiplication des poursuites contre les entreprises technologiques pour l'utilisation non autorisée de contenus protégés. En 2023, Google avait déjà été condamné à verser 1,2 milliard de dollars à des éditeurs dans une affaire similaire liée à son moteur de recherche. Les plaignants espèrent obtenir des dommages-intérêts substantiels et une injonction empêchant Google d'utiliser leurs œuvres à l'avenir.
L'impact sur l'industrie du livre
Les éditeurs craignent que l'IA générative ne menace leur modèle économique en produisant des résumés ou des textes similaires sans rémunération. "Si Google peut utiliser librement notre contenu, cela sape la valeur de la création littéraire", explique Arnaud Nourry, président d'Hachette Livre, dans un communiqué. Selon une étude de l'International Publishers Association, le marché du livre numérique a perdu 15 % de sa valeur en cinq ans à cause de pratiques similaires.
La défense de Google
Google n'a pas encore répondu officiellement à la plainte, mais l'entreprise a toujours défendu ses pratiques en invoquant le fair use (usage raisonnable) dans le cadre de la législation américaine. Cependant, les éditeurs estiment que l'utilisation de leurs œuvres à des fins commerciales par Gemini dépasse ce cadre. L'affaire pourrait établir un précédent important pour l'avenir de l'IA et des droits d'auteur.



