Grégory Audibert : de l'ombre à la lumière comme premier adjoint à Hyères
Grégory Audibert, premier adjoint à Hyères

Désormais élu premier adjoint, Grégory Audibert a auparavant été chef puis directeur de cabinet de l’ancien maire de 2014 à 2022. Même s’il n’est élu que depuis quelques semaines, il connaît suffisamment les réflexes paresseux des relations politico-médiatiques pour deviner que si Var-matin lui consacre un portrait, il sera question d’un passage « de l’ombre à la lumière ». L’image est clairement éculée, mais il la propose lui-même d’emblée en souriant.

Un parcours dans l'ombre des cabinets

Depuis le début de sa carrière, Grégory Audibert a en effet principalement évolué dans l’ombre des cabinets. Cabinet ministériel d’abord, aux sports avec Chantal Jouanno, puis David Douillet. Cabinet municipal ensuite : de 2014 à 2022, il a travaillé au plus près de l’ancien maire de Hyères ; chef, puis directeur de cabinet de Jean-Pierre Giran. Un poste clé d’où on voit tout en apparaissant nulle part. Autant dire que s’il prend désormais la lumière, en tant que premier adjoint (et 11e vice-président de TPM, le plus jeune, à l’âge de 47 ans), il est loin de découvrir le cinquième étage de l’hôtel de ville.

Une dynamique familiale

« J’ai un parcours de collaborateur classique », résume modestement celui qui est passé par la fac de droit de Toulon et Science-Po Aix. Un cheminement qu’il associe en partie à une dynamique familiale. Sa mère, Édith Audibert, a en effet été première adjointe à La Crau, puis élue à Hyères et enfin députée. « Elle est élue depuis que j’ai 11 ans, alors comme dans beaucoup de familles, l’environnement proche a impacté ma vie professionnelle », glisse Grégory Audibert sans vouloir se laisser enfermer dans le piège du « fils de ». « Mais je ne suis pas ma mère et même si je lui demande souvent son avis, je ne le suis pas toujours », désamorce-t-il avec tendresse. Pas question en revanche de s’inscrire dans un schéma familial avec Jean-Pierre Giran. Si pendant la campagne électorale l’ancien maire assurait qu’il avait considéré Grégory Audibert « comme son propre fils » et ne comprenait pas qu’il fasse campagne dans un autre camp alors qu’ils s’étaient séparés « d’un commun accord » et qu’aucun différend ne les avait jamais opposés, il n’adhère pas à cette vision. « Je garde un très bon souvenir de mon expérience avec Jean-Pierre Giran, mais je l’ai toujours vouvoyé et appelé Monsieur le maire. Moi, j’ai travaillé avec un patron et ma relation avec lui s’est arrêtée lorsque j’ai quitté le cabinet. Je suis parti et je suis passé à autre chose en me sentant parfaitement libre. »

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Ni redevable, ni revanchard

Pas redevable vis-à-vis de Jean-Pierre Giran et sans rancune non plus, il laisse tout ça derrière lui. S’il a quitté son équipe en 2022, c’est « parce qu’à titre personnel », il ne se sentait « plus en accord avec la façon de porter certains projets, ni avec certains comportements »… Et s’il est revenu sur l’échiquier politique hyérois en 2025, après un passage professionnel en région parisienne, c’est simplement « parce que c’est [sa] ville. » « Avec mes aspirations de quadra, j’ai regardé qui pouvait incarner un renouveau pour ma ville et j’ai compris que seule Véronique Bernardini pouvait y parvenir. » Rapatrié dans le Var, il s’engage totalement dans la campagne derrière elle, sans certitude bien sûr de revenir à l’hôtel de ville par une aussi grande porte.

Des responsabilités multiples

Aujourd’hui, il dit aborder ses nouvelles responsabilités avec « sérieux et humilité ». « Je suis un gros bosseur, alors les dossiers ne me font pas peur. » Heureusement. Chargé de l’environnement, du tourisme et des grands projets à la mairie ; de la mobilité et des déplacements à TPM ; et depuis peu de la défense du trait de côte pour le syndicat des communes littorales, il a de quoi faire de sacrées piles sur son bureau du cinquième étage. Un espace au cœur du réacteur municipal, juste en face de celui de Véronique Bernardini.

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« Avec Véronique, nous ne formons pas un duo »

Une proximité qui détonne avec les habitudes, même s’il réfute le qualificatif de « super premier adjoint » qui se murmure dans le microcosme. « Attention, avec Véronique, nous ne formons pas un duo mais nous sommes simplement complémentaires. Elle est très spontanée et a vraiment des qualités de leadership. Moi, je suis plus réservé. […] Mais évidemment, c’est elle la maire et elle qui fait les arbitrages. On avait prévenu pendant la campagne que nous ne voulions plus qu’à part le maire, les autres élus n’aient aucune place. Ici, chacun apporte ses compétences et porte ses dossiers. » La lumière sera-t-elle encore plus vive dans quelques années ? Imagine-t-il un jour traverser le couloir pour s’asseoir dans le fauteuil de maire ? « Honnêtement, je ne m’étais déjà pas projeté à l’idée de devenir premier adjoint alors pour l’instant, je ne pense à rien d’autre. »