La Poste souhaite faire rattraper les heures perdues à ses salariés qui n'ont pas pu travailler en raison des incendies en Gironde. Cette mesure, révélée par France Inter, provoque un vif mécontentement parmi les employés, notamment ceux de la plateforme de distribution de Cestas.
Des milliers de courriers bloqués
En raison de la fermeture de la plateforme de Cestas et de plusieurs bureaux de poste du département, environ 700 000 courriers ont été bloqués en Nouvelle-Aquitaine. Les salariés concernés ont continué à percevoir leur salaire pendant cette période, mais La Poste envisage désormais de récupérer les heures non travaillées.
Dans une déclaration, l'entreprise indique que pour « garantir le maintien intégral de la rémunération des collaborateurs concernés », le rattrapage des heures peut être envisagé. Ces récupérations seraient réparties sur les emplois du temps, avec un maximum d'une heure par jour.
Une décision légale mais contestée
Selon nos confrères, cette décision est légale au regard du Code du travail. La Poste assure qu'elle consultera le Comité social et économique de Nouvelle-Aquitaine avant de prendre toute mesure. Cependant, cette perspective inquiète François Daurel, agent de production et délégué CGT du centre de tri de Cestas.
« Mon équipe, dont moi, qui suis en congés, dont les gens en arrêt maladie, doivent tous 35 heures de travail à récupérer », déplore-t-il. Il exprime un « sentiment d'injustice » et de « dégoût ». Pour lui, « La Poste a les reins suffisamment solides pour banaliser quelques jours pour 300 à 400 salariés dans les zones incendiées ».
Une menace de grève en septembre
La CGT menace de lancer une grève en septembre prochain si la solution des rattrapages est maintenue. Cette annonce intervient alors que le département se remet encore des incendies dévastateurs, qui ont brûlé plus de 20 000 hectares de forêt.
La direction de La Poste n'a pas encore officialisé sa décision, mais les discussions avec les représentants du personnel devraient se poursuivre dans les prochaines semaines. Les salariés espèrent que l'entreprise fera preuve de flexibilité et de compréhension face à une situation exceptionnelle.



