L'économie du Gard connaît des tensions croissantes. Entre trésoreries fragilisées, commandes en baisse et 329 procédures collectives déjà ouvertes, la Banque de France et le tribunal de commerce appellent les dirigeants à une vigilance accrue. Mardi, à l'invitation de Gard entreprises, le réseau économique présidé par Jean-Pierre De Faria, le directeur de la Banque de France de Nîmes, Patrick Saulnier, et la présidente du tribunal de commerce du Gard, Marie-France Bancel, ont participé à une réunion d'information dans les locaux de Senfas, à Méjannes-les-Alès, en présence d'une cinquantaine de patrons de l'arrondissement d'Alès.
Une première rencontre entre la Banque de France et le tribunal de commerce
« C'est la première fois que nous parvenons à réunir ces deux institutions majeures de la vie des entreprises », se félicite Jean-Pierre De Faria. Patrick Saulnier, pour la Banque de France, a livré les dernières prévisions à sa disposition. « Le contexte géopolitique international est incertain. Nous avons donc établi plusieurs scénarios en fonction des prix du pétrole et du gaz. Nous espérons que l'inflation se stabilise autour des 2,4 % actuels. »
Le responsable de la Banque de France décrit les tendances lourdes de l'activité économique gardoise : « Les trésoreries des entreprises sont mises à mal. Les carnets de commandes du secteur industriel et du bâtiment sont en baisse. Le gros œuvre souffre et le second œuvre un peu moins du fait des chantiers de rénovation. Nous constatons une petite reprise du logement neuf avec des crédits à l'habitat plus souvent accordés. »
La prévention au cœur des préoccupations
La présidente du tribunal de commerce, Marie-France Bancel, a rappelé que la juridiction n'est pas là uniquement pour les procédures collectives : « Nous avons une cellule prévention pour repérer les signaux faibles avec les premières difficultés. Il est important que le dirigeant soit informé pour qu'il puisse anticiper et sauver l'entreprise en évitant les procédures. On peut sauver une structure si on prend les bonnes mesures au bon moment. »
Dans le Gard, les procédures collectives sont en hausse. « On en est déjà à 329, soit 50 % du chiffre total de l'an dernier, pour 59 millions d'euros de dettes à l'ouverture des dossiers. Ce chiffre peut doubler lorsque les comptes sont clôturés. » Même si les responsables relèvent que les entreprises gardoises sont résilientes, les plus petites structures sont souvent les plus fragiles.
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