Le président de la Fédération bancaire française (FBF), Daniel Baal, a proposé lundi que l'État garantisse les prêts accordés par les banques ou verse une avance aux candidats à l'élection présidentielle, afin de faciliter le financement de leurs campagnes. Cette suggestion intervient alors que le Rassemblement national (RN) rencontre des difficultés pour obtenir un prêt bancaire.
Une intervention publique envisagée
Interrogé sur BFM Business, Daniel Baal a estimé qu'une « intervention publique dès le départ » serait pertinente pour débloquer la situation. Selon lui, cela pourrait prendre la forme d'une « garantie à première demande », permettant à la banque d'être facilement remboursée en cas de défaut, ou d'une avance directe aux candidats. Daniel Baal est également président du Crédit Mutuel Alliance fédérale.
Des risques bancaires spécifiques
Pour le président de la FBF, prêter de l'argent à un candidat à l'élection présidentielle représente un risque d'une « toute autre nature » que les crédits habituellement accordés aux ménages et aux entreprises. Bien que l'État rembourse une grande partie des frais de campagne lorsqu'un candidat dépasse 5 % des suffrages exprimés au premier tour, seuil largement dépassé par le RN lors des précédentes élections, ces remboursements sont conditionnés à la validation officielle du compte de campagne. Daniel Baal a souligné ce risque supplémentaire pour les banques, citant l'exemple de Nicolas Sarkozy en 2012, dont les comptes de campagne ont été invalidés.
Le RN toujours dans l'impasse
À près d'un an du scrutin, le RN cherche toujours une banque disposée à lui avancer les 10,7 millions d'euros correspondant au montant maximal remboursable par l'État pour les candidats qualifiés au second tour, comme l'avait indiqué mi-avril le trésorier du parti. Le sujet est crucial pour un RN sans capacité d'autofinancement, car il est engagé dans un remboursement « soutenu » de sa dette, composée quasi intégralement de prêts de particuliers. Le président du parti, Jordan Bardella, a regretté mercredi dernier que « pour l'instant, les banques françaises refusent d'accorder un prêt qui n'a honnêtement qu'un risque minime », tout en précisant que des démarches sont en cours.



