Voitures de luxe : ex-dirigeant condamné à rembourser 1 million d'euros
Ex-dirigeant de Flat Sport Chrono condamné à rembourser 1 million

Le 9 juin 2026, le tribunal de commerce de Cannes a rendu une décision marquante dans l'affaire de la SAS Flat Sport Chrono, société de vente de véhicules de luxe basée à Mougins. L'ancien dirigeant, Édouard Tehar, a été reconnu coupable de trois fautes de gestion majeures et condamné à rembourser personnellement une partie du passif, estimé à plus d'un million d'euros.

Une liquidation judiciaire aux lourdes conséquences

Placée en liquidation judiciaire en avril 2025, la société Flat Sport Chrono laisse derrière elle un passif déclaré par les créanciers s'élevant à plus d'un million d'euros. Pourtant, en 2023, le chiffre d'affaires atteignait encore plus de 10 millions d'euros, mais l'entreprise affichait déjà une perte de 310 000 euros. L'assignation déposée par Me Denis Gasnier, liquidateur judiciaire, a conduit à cette condamnation.

Trois fautes de gestion retenues par la justice

Le tribunal a retenu trois fautes de gestion contre Édouard Tehar. Premièrement, la poursuite d'une activité déficitaire alors que la situation était irrémédiablement compromise. Deuxièmement, l'absence de remise d'une comptabilité complète, les grands livres n'ayant jamais été communiqués. Troisièmement, la réalisation d'opérations injustifiées : entre janvier 2024 et janvier 2025, le gérant a perçu plus de 110 000 euros, s'octroyant même 25 000 euros sur le seul mois de janvier 2024 alors que le compte de l'entreprise était dans le rouge.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions des parties civiles

Me Jean-Philippe Maslin, avocat au barreau de Paris représentant la société créancière Évidence Yachting et son propriétaire niçois, s'est félicité de cette décision. Il a déclaré : « Le dirigeant s'est versé des sommes significatives » et « a privé la société d'une trésorerie qui aurait dû être affectée au paiement des créanciers ». Cette position illustre le préjudice subi par les créanciers.

La défense du dirigeant

Pour sa défense, Édouard Tehar a nié toute responsabilité personnelle. Lors de l'audience, Me Julien Taddei, avocat au barreau de Nice, a argué que la situation catastrophique était liée à des « détournements de fonds de la part de certains collaborateurs pour lesquels des procédures pénales vont être lancées ». Cependant, le tribunal a estimé que la faute supposée des employés ne pouvait exonérer le dirigeant de sa propre responsabilité.

Condamnation et perspectives

L'insuffisance d'actif que le patron doit combler de sa poche est fixée à un minimum de 234 000 euros, correspondant aux créances d'ores et déjà admises. Le tribunal a choisi de reporter la décision définitive de la condamnation, dans l'attente de la vérification de toutes les créances par le juge-commissaire. L'affaire est donc loin d'être terminée pour les nombreux clients et partenaires qui attendent toujours de récupérer leur argent.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale