Europol renforcée contre le crime organisé sans rogner la souveraineté
Europol renforcée sans rogner la souveraineté

La Commission européenne a présenté, mercredi, une proposition visant à renforcer les capacités d'Europol dans la lutte contre le crime organisé. L'objectif est de doter l'agence de nouveaux outils pour mieux coordonner les enquêtes transfrontalières, sans toutefois empiéter sur les prérogatives des États membres.

Un renforcement des pouvoirs opérationnels

Selon la proposition, Europol pourrait désormais traiter de plus grands volumes de données et les croiser avec des sources privées, comme les fournisseurs d'accès internet. L'agence serait également autorisée à lancer des alertes précoces en cas de menaces émergentes, comme le trafic de migrants ou le blanchiment d'argent. Actuellement, Europol traite environ 50 000 signalements par an, mais ce chiffre pourrait augmenter de 30 % avec les nouvelles capacités.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a déclaré : « Nous devons donner à Europol les moyens d'agir plus vite et plus efficacement, tout en respectant scrupuleusement les droits fondamentaux et la souveraineté des États membres. »

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Un équilibre délicat entre efficacité et souveraineté

La proposition vise à trouver un équilibre entre l'efficacité de la coopération policière et la préservation de la souveraineté nationale. Les États membres restent maîtres de leurs enquêtes pénales, mais Europol pourrait jouer un rôle de coordination accru. Par exemple, l'agence pourrait proposer la création d'équipes communes d'enquête sans l'accord préalable de tous les États concernés, une mesure qui suscite des débats.

Un diplomate européen, sous couvert d'anonymat, a confié : « Certains pays craignent une perte de contrôle, mais le crime organisé ne connaît pas de frontières. Il faut une réponse européenne forte. »

Un budget en hausse pour faire face aux défis

Pour accompagner ce renforcement, le budget d'Europol devrait passer de 150 millions d'euros actuellement à 200 millions d'euros d'ici 2027. Ces fonds serviront à recruter 150 analystes supplémentaires et à moderniser les infrastructures informatiques. Europol emploie aujourd'hui environ 1 200 personnes.

La proposition doit encore être approuvée par le Parlement européen et le Conseil de l'UE. Si elle est adoptée, elle entrerait en vigueur en 2025. Les négociations s'annoncent serrées, certains États membres, comme la France et l'Allemagne, étant favorables à un renforcement, tandis que d'autres, comme la Pologne, expriment des réserves.

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