Espagne: ex-bras droit de Sanchez condamné à 24 ans de prison
Espagne: ex-bras droit de Sanchez condamné à 24 ans

L'ancien ministre des Transports espagnol et proche collaborateur de Pedro Sánchez, José Luis Ábalos, a été condamné ce lundi à 24 ans de prison pour corruption passive, trafic d'influence et blanchiment d'argent. Le tribunal de l'Audience nationale de Madrid l'a reconnu coupable d'avoir perçu des commissions illégales en échange de l'attribution de contrats publics.

Une affaire qui ébranle le gouvernement

Selon le jugement, Ábalos a utilisé son poste pour favoriser des entreprises en échange de pots-de-vin s'élevant à plus de 2,5 millions d'euros entre 2018 et 2021. Les faits se sont produits alors qu'il était ministre des Transports, de la Mobilité et de l'Agenda urbain. Le tribunal a souligné qu'il avait "trahi la confiance des citoyens et porté atteinte à l'intégrité des institutions".

Cette condamnation intervient dans un contexte politique tendu en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sánchez est fragilisé par plusieurs scandales de corruption. L'opposition de droite et d'extrême droite a immédiatement réclamé des explications au chef du gouvernement, qui s'est dit "profondément peiné" par cette affaire tout en rappelant le principe de présomption d'innocence.

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Des peines pour les complices

Outre Ábalos, trois autres personnes ont été condamnées dans cette affaire. L'homme d'affaires Víctor de Aldama, considéré comme l'intermédiaire, a écopé de 12 ans de prison pour corruption active et blanchiment. Deux anciens hauts fonctionnaires du ministère des Transports ont également été condamnés à des peines de 8 et 6 ans de prison respectivement.

Les enquêtes ont révélé que les commissions étaient versées via un réseau de sociétés écrans basées au Panama et aux îles Vierges britanniques. Le tribunal a ordonné la confiscation de biens immobiliers, de comptes bancaires et de véhicules de luxe appartenant aux condamnés, d'une valeur totale estimée à 15 millions d'euros.

Réactions politiques

Le Parti populaire (PP), principale formation d'opposition, a qualifié cette condamnation de "preuve de la corruption systémique du socialisme". Son leader, Alberto Núñez Feijóo, a demandé la démission de Pedro Sánchez, l'accusant d'avoir protégé Ábalos. De son côté, le parti d'extrême droite Vox a réclamé une commission d'enquête parlementaire.

Le gouvernement a réagi en affirmant que "la justice a parlé" et qu'il n'y aurait pas de conséquences politiques immédiates. La porte-parole du gouvernement, Pilar Alegría, a déclaré : "Nous respectons les décisions judiciaires, mais nous devons rappeler que cette affaire concerne des actes personnels d'un ancien ministre, et non le gouvernement dans son ensemble."

Un procès suivi de près

Le procès, qui a duré six mois, a été marqué par des révélations sur les liens entre Ábalos et des entreprises du secteur des infrastructures. L'ancien ministre a toujours clamé son innocence, affirmant que les paiements étaient des dons légitimes pour financer des campagnes électorales. Ses avocats ont annoncé qu'ils feraient appel de la décision.

Cette condamnation est l'une des plus lourdes prononcées contre un ancien haut responsable politique en Espagne depuis le retour de la démocratie. Elle intervient alors que le pays est sous le coup d'une enquête de l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) concernant d'autres contrats suspects dans le secteur des transports.

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