ES Banque fête ses 100 ans avec alternance et IA pour former les banquiers
ES Banque : 100 ans et un virage vers l'IA et l'alternance

À l'occasion de son centenaire, l’ES Banque mise sur l’alternance et l’intelligence artificielle pour préparer ses étudiants aux évolutions du secteur bancaire. « C’est un métier qu’il faut faire par envie », prévient Lydia Cheblal, en pleine révision avant des examens de sortie de l’ES Banque, l’école de formation pratique des banquiers, un secteur qui recrute et propose des salaires intéressants.

Une immersion dans la pratique bancaire

L’apprentie de 25 ans planche depuis deux ans pour obtenir son master de conseiller de clientèle « pro », spécialisé dans l’accompagnement des artisans, commerçants, professions libérales et petites entreprises. Elle partage son temps entre l’agence BNP Paribas où elle réalise son alternance, les bancs de la Sorbonne et ceux de l’ES Banque, une école créée et détenue par les établissements bancaires, qui étrenne des nouveaux locaux rue du Château-des-Rentiers, dans le centre de Paris. L’école, qui forme 35 000 apprenants chaque année, parmi lesquels 4 500 alternants par an, fête ses 100 ans en 2026.

Les étudiants sont régulièrement invités à faire des jeux de rôle, par binôme, l’un incarnant le client et l’autre le conseiller. « Cela nous apprend à avoir la bonne posture, les bons arguments, à répondre à des réclamations », égrène Lydia Cheblal. Elle partage les expériences acquises en agence, puisque toutes les grandes banques françaises sont représentées parmi la vingtaine d’apprentis de cette classe de master.

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Après une présentation de cinq élèves, décrivant une entreprise en difficulté financière, leur professeur Houssine Hamda, fort de son expérience de terrain, disserte sur les fausses factures d’un garagiste et met l’accent sur l’humain, l’empathie et la confiance. « Les cas que je leur donne, ce sont des cas que j’ai vécus, que j’ai gérés », insiste M. Hamda. L’école ne compte pas moins de 2 800 intervenants issus du secteur bancaire. C’est l’une des principales différences avec l’autre volet de l’enseignement, plus théorique, délivré par l’université, relève Farah El Gabteni, elle aussi élève en master. « Cela nous aide beaucoup plus d’être face à des intervenants qui sont eux issus du milieu bancaire », explique-t-elle.

L’intégration de l’intelligence artificielle

Tout juste à l’équilibre financier, l’école, soucieuse de préparer l’avenir, a développé à grand renfort d’intelligence artificielle un outil pédagogique capable de simuler des rendez-vous professionnels. Cette application, commercialisée prochainement auprès des banques pour leurs besoins de formation interne, met en scène un avatar qui joue le rôle du client et signale en temps réel à l’élève qu’il n’a pas été suffisamment précis dans sa réponse, ou qu’il n’a pas posé la bonne question. « C’est bluffant et c’est redoutable », se félicite le directeur général de l’école Jean-Charles Prioux, qui en « espère beaucoup ».

Adaptation aux mutations du secteur

Parallèlement aux formations initiales, en partenariat avec des universités, l’ES Banque propose aussi des formations continues pour les employés de banque, tout au long de leur carrière. L’école « a tout le temps collé aux besoins des banques », rappelle M. Prioux, qui y voit un argument décisif de sa longévité. Elle suit donc de près l’évolution de la banque de détail, aux clients de plus en plus autonomes avec les outils numériques mis à leur disposition, et qui désertent les agences. « Il faut avoir des collaborateurs capables d’échanger avec des clients à distance », observe le directeur de l’école, « et ça s’apprend, ça ne se décrète pas ».

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Les formations de niveau Bac + 5 se concentrent aussi sur des segments de clientèle bien précis, aux besoins de conseils spécifiques : c’est le cas des professionnels, mais aussi de la clientèle fortunée. Les étudiants découvrent aussi la part commerciale du métier, adjacente au conseil et de plus en plus présente, selon eux. Même si les banques ont tendance à réduire la voilure de leur parc d’agences, les taux d’emploi à la sortie d’école sont très élevés, avec des salaires attractifs, vante la direction. « On ferme mais il y aura toujours du taf », résume Houssine Hamda, « donc venez, signez, vous allez voir, ça va bien se passer ! »