La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, revient sur le procès méconnu de Riom, lorsque le régime de Vichy traduisit Léon Blum devant une Cour suprême de justice. L'ouvrage, intitulé "Quand Vichy jugeait Léon Blum", qu'elle cosigne avec l'historienne Marie-Luce Nemo, paraît ce jeudi 14 mai.
Un procès jamais achevé
Au printemps 2022, Carole Delga et Marie-Luce Nemo avaient déjà consacré un ouvrage à Jean Jaurès, figure emblématique de la gauche et enfant d'Occitanie. Quatre ans plus tard, elles s'intéressent à un autre marqueur majeur du socialisme du début du XXe siècle : Léon Blum. Mais il ne s'agit pas d'une biographie classique. Les autrices ont choisi d'axer leur travail sur un événement méconnu : le procès intenté par le régime de Vichy à Léon Blum. Sous le prétexte d'être responsable de la défaite de 1940, Blum et d'autres responsables politiques ou militaires furent accusés d'avoir empêché le réarmement de la France par des réformes sociales. Ce procès, jamais achevé, s'est tenu à Riom, dans le Puy-de-Dôme, de février à avril 1942. Il visait, au-delà de l'homme, le Front populaire et la République elle-même.
Des échos contemporains
Les autrices ne cachent pas leur volonté de faire résonner ce récit avec notre époque. "Quatre-vingt-dix ans plus tard, alors que le populisme gagne du terrain, le récit de ce procès à Riom, dont Léon Blum sortira politiquement et humainement vainqueur, constitue une leçon de courage, de conviction et d'optimisme. Il résonne comme un moment de vérité et comme un espoir : il n'y a jamais de combat perdu d'avance pour celles et ceux qui luttent en faisant appel à la raison, à l'intelligence, à la nuance et à la conscience des hommes", peut-on lire sur le site de l'éditeur.
L'homme du Front populaire
Dans les premières pages du livre, Carole Delga reconnaît : "Si j'ai choisi de mettre en lumière le procès de Riom où l'on traîna Léon Blum […], c'est qu'il constitue une date clé, mais hélas presque oubliée, dans l'histoire de ce pays et que j'y vois un écho à ce que le monde connaît aujourd'hui." Autre ambition : faire mieux connaître la vie et l'œuvre de la figure de proue du Front populaire, de la semaine de 40 heures aux congés payés, et brosser le portrait de cet intellectuel proche du peuple, aussi à l'aise dans les cercles littéraires parisiens que dans les vignes de Narbonne. À un an de l'élection présidentielle, cet ouvrage pourrait aussi dire quelque chose de la gauche qu'incarne Léon Blum, et dans laquelle l'autrice se reconnaît.
"Quand Vichy jugeait Léon Blum", de Carole Delga et Marie-Luce Nemo, Privat, 192 pages, 16,90 €.



