Le PDG de Dassault Aviation, Éric Trappier, a déclaré que le leadership du futur avion de combat européen, le Système de combat aérien du futur (SCAF), doit rester en France. Dans un entretien accordé au journal Les Échos, il a insisté sur la nécessité pour la France de conserver la maîtrise d'œuvre du programme, afin de garantir sa souveraineté et de préserver les compétences industrielles françaises.
Un programme clé pour la souveraineté européenne
Le SCAF, lancé en 2017 par la France et l'Allemagne, est un programme ambitieux visant à développer un avion de combat de nouvelle génération, accompagné de drones et d'un système de combat connecté. Il doit remplacer à l'horizon 2040 les Rafale français et les Eurofighter allemands. Le programme est désormais élargi à l'Espagne, qui a rejoint le partenariat en 2019.
Éric Trappier a souligné que la France doit être le chef de file de ce projet, en raison de son expérience et de ses capacités industrielles. « Le leadership doit être en France, c'est une question de souveraineté et de crédibilité », a-t-il affirmé. Selon lui, la France a démontré son savoir-faire avec le Rafale, qui est un avion de combat polyvalent et performant, exporté dans plusieurs pays.
Des tensions avec l'Allemagne
Le PDG de Dassault a également évoqué les tensions récurrentes avec l'Allemagne sur la répartition des tâches et la gouvernance du programme. Berlin souhaite un partage équitable des responsabilités, tandis que Paris insiste sur la nécessité d'un leadership français pour garantir l'efficacité du projet. Les négociations ont été marquées par des désaccords sur la propriété intellectuelle et la répartition des charges de travail.
Trappier a rappelé que Dassault Aviation est le maître d'œuvre du démonstrateur du nouvel avion de combat, qui doit voler en 2027. « Nous avons les compétences et l'expérience pour mener ce projet à bien », a-t-il déclaré. Il a également mis en garde contre une dilution des responsabilités qui pourrait compromettre le calendrier et la performance du futur système.
Un enjeu économique et industriel
Le programme SCAF représente un enjeu économique considérable, avec des investissements estimés à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Il doit également permettre de maintenir des milliers d'emplois hautement qualifiés en France et en Europe. Dassault Aviation emploie directement plus de 12 000 personnes, et le programme SCAF devrait générer des retombées importantes pour l'ensemble de la filière aéronautique française.
Éric Trappier a insisté sur la nécessité de préserver l'indépendance technologique de la France dans le domaine de la défense. « Nous ne pouvons pas dépendre de technologies étrangères pour notre défense », a-t-il souligné. Le SCAF doit permettre à la France et à l'Europe de conserver une autonomie stratégique face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie.
Un calendrier serré
Le démonstrateur du SCAF doit effectuer son premier vol en 2027, et le système doit entrer en service en 2040. Le calendrier est serré, et les partenaires doivent accélérer les travaux pour respecter les échéances. Trappier a appelé à une mobilisation de tous les acteurs pour tenir les délais. « Nous avons une feuille de route claire, il faut maintenant l'exécuter », a-t-il conclu.



