Eric Ciotti soutient Marine Le Pen condamnée, la gauche niçoise dénonce l'hypocrisie
Ciotti soutient Le Pen condamnée, gauche niçoise hurle

Eric Ciotti, maire UDR de Nice, a apporté un soutien total et sans équivoque à Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle de 2027, malgré sa condamnation en appel le mardi 7 juillet 2026 dans le procès des assistants parlementaires européens de son parti pour détournement de fonds publics. Sur le réseau social X (ex-Twitter), Ciotti a écrit : « La candidature de Marine Le Pen est une bonne nouvelle pour la démocratie française. […] Les épreuves l’ont renforcée. Elles ont forgé une femme d’État, la seule à pouvoir protéger les Français et enfin réformer la France en restaurant l’ordre et la liberté. Je lui apporte mon amitié et mon soutien. »

Une réaction qui suscite l'indignation de la gauche niçoise

Cette prise de position a immédiatement provoqué la colère des représentants de la gauche niçoise, qui dénoncent une hypocrisie flagrante de la part du maire, connu pour ses discours sur l'ordre et l'autorité. Juliette Chesnel-Le Roux, chef de file de l'opposition municipale gauche-écologiste, a exprimé son incrédulité : « Que fait Éric Ciotti ? Il célèbre sa candidature comme une bonne nouvelle pour la démocratie ! Une faillite morale, politique et républicaine. Soutenir la candidature d’une personnalité condamnée en appel par la justice. Voilà où mène la prétendue défense de l’autorité. Les grands discours sur l’ordre s’effondrent dès qu’ils concernent ses alliés. »

Les critiques fusent sur l'incohérence du discours sur l'ordre

Julien Picot, conseiller municipal d'opposition et secrétaire départemental du Parti communiste français (PCF), a également fustigé l'attitude de Ciotti : « Depuis des années, M. Ciotti donne des leçons d’ordre, d’autorité et de respect des institutions. Mais dès que la justice concerne ses alliés politiques, les principes deviennent soudain facultatifs. » Il a ajouté : « Soutenir une candidature ne dispense pas de respecter les décisions de justice, pas plus que défendre l’État de droit ne peut se faire à géométrie variable. Dans une démocratie, les institutions ne sont crédibles que si elles s’appliquent à toutes et à tous, sans distinction. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Olivier Salerno, leader de La France insoumise (LFI) à Nice, a ironisé sur la position du maire : « Qu’est-ce que “Monsieur économies” et “Monsieur probité” a à dire sur les 4 millions détournés par Marine Le Pen et ses multiples condamnations ? Que pense Éric Ciotti des multi-condamnations de sa candidate et de son parti ? Et des 4 millions d’argent public détournés ? »

La CGT-spectacle et Anticor montent au créneau

La CGT-spectacle 06 a exprimé son écœurement dans un communiqué : « Depuis des années, Marine Le Pen, Éric Ciotti et leurs alliés réclament davantage de sévérité, davantage de condamnations, davantage de fermeté judiciaire. […] Mais lorsqu’une décision concerne leur propre camp, tout change brutalement. » Le syndicat a également averti : « Que faut-il de plus pour comprendre le danger que représente un mouvement qui n’accepte les institutions démocratiques qu’à la condition qu’elles lui donnent raison ? »

Jean-Christophe Picard, écologiste et membre de l'association anti-corruption Anticor, a qualifié la situation d'hallucinante : « En France, on se demande si une délinquante avec un bracelet électronique pourra être candidate ! » Il a pointé du doigt la motivation de l'arrêt de la Cour d'appel de Paris : « La motivation de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris dans l’affaire visant Marine Le Pen est lunaire…. Depuis quand être potentiellement candidat à une élection permet-il d’obtenir une sanction pénale plus clémente ? »

Silence des ténors de l'ère Estrosi

En revanche, les trois figures majeures de l'ère Estrosi, Anthony Borré, Pierre-Paul Léonelli et Philippe Pradal, n'ont pas réagi publiquement à la position du nouveau maire de Nice. Ce silence contraste avec la virulence des critiques de l'opposition.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale