Le 8 juin, à la veille du salon aéronautique de Berlin, Paris et Berlin ont enterré le Scaf, leur avion de combat du futur, faute d'accord entre Dassault et Airbus. L'émotion passée, l'historien hausse les épaules : de la Communauté européenne de défense (CED), tuée par le Parlement français en 1954, à l'avion de combat européen dont la France a claqué la porte en 1985 pour faire seule le Rafale, la défense n'a jamais réussi au couple franco-allemand. Une vieille histoire. Et l'énergie ? Une vieille histoire aussi mais qu'on raconte généralement mal.
En effet, les divergences entre les deux pays ne datent pas d'hier. La CED, proposée en 1950, visait à créer une armée européenne intégrée, mais elle a été rejetée par l'Assemblée nationale française en 1954, marquant le premier échec majeur de la coopération militaire franco-allemande. Plus tard, dans les années 1980, le projet d'avion de combat européen a échoué lorsque la France a choisi de développer seule le Rafale, tandis que l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont poursuivi avec l'Eurofighter Typhoon. Ces précédents historiques montrent que les difficultés actuelles ne sont pas isolées.
Dans le domaine de l'énergie, les relations sont tout aussi complexes. La France, avec son parc nucléaire, et l'Allemagne, qui a choisi la sortie du nucléaire après Fukushima, ont des visions opposées. Les projets de coopération sur les énergies renouvelables ou l'hydrogène vert peinent à aboutir, chaque pays défendant ses intérêts industriels et ses choix politiques. Ainsi, l'échec du Scaf n'est qu'un épisode supplémentaire d'une longue série de désaccords entre les deux piliers de l'Union européenne.



