Le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave (Renaissance), a tiré la sonnette d'alarme lundi sur la situation financière de la ville, qualifiée de « dette historique » et « intenable ». Élu en mars dernier, il a assuré que la municipalité risque une « mise sous tutelle » en raison de l'endettement croissant.
Une dette en hausse de 64% entre 2019 et 2025
Lors de la présentation d'un audit commandé au cabinet EY, Thomas Cazenave a annoncé que l'endettement de Bordeaux est passé de 252 millions d'euros en 2019 à 413 millions d'euros en 2025, soit une augmentation de 64%. L'audit a notamment constaté « un accroissement du recours à l'emprunt » en 2024 et 2025. Les dépenses de fonctionnement ont également cru plus rapidement que les recettes sur la même période.
« C'est une situation difficile et préoccupante dont nous héritons et qui nécessitera de construire une nouvelle trajectoire », a déclaré Thomas Cazenave. L'ex-ministre délégué aux Comptes publics a également révélé avoir reçu un « courrier d'alerte » de la préfecture et de la direction générale des finances publiques concernant la dégradation des ratios financiers de la municipalité.
Risque de mise sous tutelle et accusations de dissimulation
Si le budget de Bordeaux est en déséquilibre, la ville risque la « mise sous tutelle », a prévenu le maire. Dans ce cas, « nous n'aurons plus aucune souveraineté », a-t-il mis en garde. Il a renvoyé le détail des futures économies à un budget rectificatif pour 2026, puis au budget 2027. « On nous a caché des choses parce que la situation était en train de se dégrader fortement », a accusé l'élu.
Selon l'audit d'EY, l'encours de la dette communale a bondi de 252 millions d'euros en 2019 à 413 millions d'euros en 2025, soit une hausse de 64%. Les dépenses de fonctionnement ont augmenté plus vite que les recettes, creusant le déficit structurel.
L'ancienne majorité écologiste défend son bilan
Les élus de l'ancienne majorité écologiste, désormais dans l'opposition, ont répliqué en défendant des investissements « pour préparer l'avenir », notamment en matière de végétalisation et de rénovation énergétique. « Durant six ans, nous avons fait un choix clair : investir pour préparer Bordeaux aux urgences climatiques et sociales », ont-ils déclaré, vantant leur bilan environnemental sur fond de canicule dépassant les 40°C à Bordeaux.
Battu par Thomas Cazenave en mars, Pierre Hurmic avait notamment revendiqué pendant la campagne avoir mené une « révolution solaire » avec 52 bâtiments municipaux équipés en panneaux solaires et une autonomie énergétique passée de 3 à 41%, la végétalisation des cours d'école et 70 000 arbres plantés.
« Ces investissements n'étaient ni un luxe, ni une dérive. Ils étaient une nécessité », ont plaidé les conseillers municipaux d'opposition dans un communiqué, fustigeant « le récit d'une ville prétendument "au bord du gouffre" pour mieux préparer les Bordelais à une politique d'austérité ».



