Procès à Montpellier : l'accusé nie avoir voulu tuer l'étudiante en médecine
Procès Montpellier : accusé nie avoir voulu tuer l'étudiante

Ce lundi 22 juin, s'est ouvert devant la cour d'assises de l'Hérault le procès de Soulaimana Ambririki, 28 ans, accusé d'avoir tenté d'égorger une étudiante en médecine de 28 ans, Madeleine, dans la nuit du 3 au 4 juillet 2024, rue Condorcet, dans le quartier des Arceaux à Montpellier. L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L'accusé maintient la thèse du vol qui a mal tourné

Dès l'ouverture des débats, Ambririki a réaffirmé sa version : il n'avait pas l'intention de tuer, mais seulement de dérober le sac à main de la victime. « Je n'ai jamais eu l'intention de la tuer ou de lui faire du mal. Tout ce que je voulais ce soir-là, c'est lui dérober ses affaires », a-t-il déclaré. Selon lui, le geste qui a failli coûter la vie à la jeune femme serait quasi accidentel : « Je mets la main, je suis pris de panique et en me retournant le coup il est parti. »

Les faits se sont produits vers 2 heures du matin. Madeleine, alors âgée de 28 ans, rentrait chez elle lorsqu'elle a été abordée par-derrière. L'accusé lui a plaqué un cutter contre le cou, provoquant une plaie profonde de 26 centimètres de long, sectionnant la veine jugulaire, un nerf et deux muscles. La victime n'a dû son salut qu'au point de compression qu'elle a réalisé avec sa jupe rose, achetée l'après-midi même.

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Un parcours marqué par la délinquance et la toxicomanie

Originaire de Mayotte, Soulaimana Ambririki a grandi dans une famille éduquée, mais a sombré très tôt dans la drogue (méthamphétamine et crack) et la délinquance. Adolescent, il a déjà été jugé aux assises des mineurs pour un cambriolage au cours duquel son complice avait blessé plusieurs personnes à l'arme blanche. Sa famille l'a alors envoyé en métropole pour y suivre des études, mais il n'a jamais entamé de cursus. « Je ne vivais pas, monsieur, je survivais. Je passais mes journées à dormir et quand je me réveillais j'allais me mettre devant Carrefour market pour boire », a-t-il confié à la cour.

La nuit, il errait dans le quartier des Arceaux, connu pour la présence de prostituées. Son comportement envers les femmes interroge : en 2023, il avait été arrêté pour avoir suivi des passantes dans le secteur de la Comédie, leur touchant les fesses ou la poitrine avant de s'enfuir. Condamné à huit mois de prison, il ne s'était pas présenté au jugement.

Des éléments troublants sur sa sexualité

L'homme qui l'hébergeait a livré un témoignage inquiétant aux enquêteurs. Il a déclaré partager avec l'accusé « les mêmes délires sexuels ». Selon lui, Ambririki s'est masturbé un jour en regardant « un film de bondage où une femme droguée et attachée se faisait lacérer par une autre qui avait des lames de rasoir au bout des doigts ». Lors de la perquisition au domicile de l'accusé, la police a également découvert une valise contenant des sous-vêtements féminins. Ambririki a expliqué qu'il s'agissait des affaires d'une ex-petite amie.

« C'est étrange que tout cela arrive au moment où vous avez égorgé une femme. C'est une coïncidence ? » a interrogé Me Iris Christol, avocate de la partie civile. L'accusé a alors haussé le ton : « À aucun moment, je n'ai regardé ce genre de scène de pornographie ! »

Le témoignage de la victime, toujours marquée

En fin de journée, Madeleine a été brièvement appelée à la barre. L'évocation du drame reste douloureuse. « Je ne me souviens d'aucun contact au niveau du cou. Il y a ces mains sur mes épaules, oui, je sens la douleur, je me souviens de la sensation du sang, et de comprendre que là, il y a vraiment un problème », a-t-elle raconté, la voix tremblante.

Le verdict est attendu mercredi soir. L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

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