Le groupe pharmaceutique allemand BioNTech a annoncé mercredi 5 mai 2026 un plan social prévoyant la suppression de 1 860 postes, soit environ 12 % de ses effectifs mondiaux. Cette décision fait suite à une forte baisse des ventes de son vaccin contre le Covid-19, le Comirnaty, développé en partenariat avec Pfizer.
Une chute brutale des revenus
BioNTech, qui avait connu une croissance fulgurante pendant la pandémie, voit ses revenus s'effondrer avec la diminution de la demande de vaccins. Selon les résultats financiers publiés mardi, le chiffre d'affaires du premier trimestre 2026 a chuté de 78 % par rapport à la même période en 2025, atteignant seulement 1,2 milliard d'euros. Le bénéfice net a plongé de 85 %, à 320 millions d'euros.
L'entreprise explique cette baisse par la moindre nécessité de rappels vaccinaux et par la concurrence accrue sur le marché des vaccins anti-Covid. BioNTech avait déjà réduit ses prévisions de ventes pour 2026 en mars, les ramenant de 5 à 3 milliards d'euros.
Une réorganisation vers de nouveaux domaines
Les suppressions de postes concerneront principalement les sites de production et de recherche dédiés au Covid-19. BioNTech prévoit de se recentrer sur le développement de vaccins contre d'autres maladies, notamment le cancer, la grippe et le zona. L'entreprise investit massivement dans l'ARN messager, sa technologie de prédilection, pour étendre son portefeuille thérapeutique.
Le groupe prévoit également de réduire ses dépenses opérationnelles de 30 % d'ici la fin de l'année. Les mesures d'économies incluent la fermeture de certains sites de production en Europe et aux États-Unis, ainsi que la réduction des effectifs dans les fonctions supports.
Réactions syndicales et politiques
Les syndicats ont exprimé leur inquiétude face à cette annonce. Le comité d'entreprise européen de BioNTech a demandé des garanties sur les conditions des départs et le maintien des activités de recherche. Le gouvernement allemand, par la voix du ministre de l'Économie, a déclaré suivre la situation de près et a appelé à un dialogue social constructif.
BioNTech précise que les suppressions se feront dans le cadre d'un plan de départs volontaires, avec des mesures d'accompagnement. L'entreprise espère ainsi minimiser l'impact social tout en assurant sa pérennité dans un marché post-pandémique.



