Gabriel Attal et les 50 millions pour la Tunisie : vrai ou faux ?
Attal et les 50 millions pour la Tunisie : vrai ou faux ?

La vice-présidente du Rassemblement national, Edwige Diaz, a affirmé vendredi 14 août que l'ancien Premier ministre Gabriel Attal avait versé 50 millions d'euros à la Sécurité civile tunisienne, au lieu d'acheter deux Canadair pour la lutte contre les incendies. Une enquête de Franceinfo, publiée le 17 août, révèle que cette affirmation contient une part de vérité et une part d'inexactitude.

Les déclarations d'Edwige Diaz

Invitée du 8h30 Franceinfo, la députée RN de la Gironde a déploré le manque d'investissements du gouvernement dans la lutte contre les incendies, notamment concernant les Canadair. Elle a déclaré : « On a Gabriel Attal qui nous dit : "on va enlever 50 millions d'euros sur le budget de la Sécurité civile", concomitamment il donne 50 millions d'euros pour la Sécurité civile tunisienne. »

Selon Franceinfo, il est exact que durant les sept mois de mandat de Gabriel Attal à Matignon, le Premier ministre a fait annuler le crédit destiné à l'achat de deux Canadair. Cette transaction, d'un montant de 53 millions d'euros, n'a jamais été réalisée.

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Les 50 millions versés à la Tunisie : un prêt de l'AFD

Cependant, la somme de 50 millions d'euros n'a pas été donnée à la Sécurité civile tunisienne. Il s'agit d'un prêt accordé par l'Agence française de développement (AFD) à la Tunisie, dans le cadre d'un « ambitieux projet de modernisation de l'Office National de la Protection Civile Tunisienne », comme le précise le site de l'AFD. L'AFD agit comme une banque finançant des projets à l'étranger (égalité femmes-hommes, santé, éducation, climat) et dans les Outre-mer.

L'agence assure que ce prêt a été bénéfique pour la France : selon les chiffres transmis à Franceinfo, « 64 % des financements de l'AFD en Tunisie ont été décrochés par des entreprises françaises dans le cadre d'appels d'offres ». De plus, la Tunisie devra rembourser ce prêt, avec un taux d'intérêt fixé à environ 3 %.

Le coût pour les Français

Une partie de ce prêt est financée par la population française. D'après les informations de l'AFD, les 50 millions d'euros proviennent « d'investisseurs privés et de fonds de banques centrales », auxquels s'ajoute une participation de 500 000 euros par an de l'État français. Selon les calculs de Franceinfo, chaque Français dépense 0,14 euro sur vingt ans pour financer une partie de ce prêt.

Cette affaire survient alors que la France doit faire face à des incendies de plus en plus fréquents et intenses, et que le nombre de Canadair reste insuffisant. Le président Emmanuel Macron avait promis de porter la flotte de 12 à 16 appareils, une promesse non tenue à ce jour.

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