AS Monaco Basket : l'État prête mais ne gère pas, selon le ministre
AS Monaco Basket : l'État prête mais ne gère pas

Triple champion de France sur le terrain, l'AS Monaco Basket traverse une situation financière délicate. Le ministre d'État Christophe Mirmand a clarifié le rôle du gouvernement monégasque dans un entretien accordé à Monaco-Matin peu avant la finale du championnat.

Une rupture de trésorerie évitée de justesse

« En toute fin d’année 2025, il nous a été présenté la situation financière du club qui était celle d’une rupture de trésorerie et même quasiment de dépôt de bilan », a expliqué Christophe Mirmand. Face à cette urgence, le gouvernement a choisi d’intervenir pour éviter une réputation désastreuse pour le sport professionnel et la Principauté.

« Le souhait du gouvernement a été de faire en sorte qu’aucune perturbation ne résulte de cette situation sur le championnat de France et l’Euroligue, parce qu’il n’y aurait rien de pire en termes d’enjeu réputationnel pour le sport professionnel et pour la Principauté que de voir un club se casser la figure. »

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Des prêts garantis par des séquestres d’actions

Le gouvernement, actionnaire du club, a utilisé le compte courant d’associés comme levier. Des prêts ont été consentis, « garantis par des séquestres des actions ». Christophe Mirmand insiste : « Nous ne sommes pas dans la situation d’en récupérer le capital. Nous ne sommes pas gérants du club, et surtout pas dans les situations de gestion de fait. On apporte simplement au compte courant d’associés les sommes qui sont nécessaires pour que le club puisse assurer ses dépenses prioritaires. Et l’on s’assure au mois le mois que ces dépenses concernent la masse salariale, les cotisations sociales et les dépenses de fonctionnement indispensables jusqu’à la fin de saison. »

La gouvernance du club n’a pas été modifiée, et le gouvernement ne peut être tenu responsable de sa gestion. « Nous ne voulons surtout pas que l’opinion publique pense que nous aurions nationalisé le club et que nous en aurions désormais la gestion et les responsabilités », a-t-il ajouté.

Des joueurs impayés malgré les avances

Malgré cette assistance, le joueur Mike James a refusé de jouer des matchs en raison de salaires impayés. « Ce qui me gêne parce que tous les contrats ont fait l’objet d’une avance au club sous le contrôle de l’expert-comptable. L’État a mobilisé tous les moyens nécessaires. Après, un club professionnel n’est pas dans une logique publique et il faudra qu’à un moment ou un autre le modèle économique évolue pour assurer la pérennité du club », a réagi le ministre.

Un modèle économique à reconstruire

Grâce à l’intervention de l’État, le club a évité un dépôt de bilan et la désignation d’un administrateur judiciaire. Cependant, la saison terminée, le club doit désormais se détacher de cette perfusion étatique. Il doit présenter un projet viable à la justice monégasque le 10 juillet, date du renvoi de l’affaire, ainsi qu’à la DNCG en France, condition requise pour participer aux compétitions nationales et internationales.

Monaco ne disposant pas d’une grande enceinte de basket, tout un écosystème est à bâtir pour générer des recettes et assurer la stabilité. Ce n’est qu’à cette condition que le chantier de construction d’un effectif compétitif sur la scène internationale pourra débuter.

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