Argentine à Paris : travaux controversés et exclusions à la Maison de l'Argentine
Argentine à Paris : travaux et exclusions à la Maison de l'Argentine

La Maison de l'Argentine à la Cité internationale universitaire (CIUP) de Paris est au cœur d'une nouvelle polémique. Une pétition signée par des résidents, anciens résidents et personnalités universitaires françaises et argentines dénonce la gestion de Santiago Muzio, directeur nommé en mars 2025 et proche du président argentin Javier Milei ainsi que de mouvements d'extrême droite européens. Les griefs incluent des travaux de rénovation opaques et des exclusions ciblées de résidents, dont les représentants élus du comité des résidents.

Des travaux opaques et présumément irréguliers

Selon la lettre adressée aux autorités argentines, Santiago Muzio a lancé des « travaux de rénovation opaques et présumément irréguliers » dans la résidence construite en 1928, l'une des plus anciennes de la CIUP. Les résidents avaient été informés par l'administration précédente de projets urgents, comme la rénovation de sanitaires et la construction d'une rampe d'accès pour personnes handicapées, exigée par la CIUP. Ces travaux n'ont pas été réalisés, tandis que d'autres interventions ont eu lieu sans information sur leur nature, les autorisations ou l'entreprise responsable. La Fondation nationale Cité internationale a indiqué ne pas pouvoir commenter, et la Mairie de Paris n'a délivré aucun permis de construire pour ce bâtiment.

Les résidents voient dans ces travaux une privatisation de la Maison. Le salon des résidents, par exemple, a été utilisé par Muzio pour des activités liées à des réseaux de formation politique d'extrême droite, alors qu'il était interdit d'accès aux résidents en raison de « risques électriques ».

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Réduction drastique du nombre de résidents

Les premiers travaux ont entraîné la fermeture de plusieurs chambres situées au même étage que la résidence du directeur, permettant d'aménager des espaces pour lui et sa famille. À partir de juillet 2026, le nombre de résidents devrait passer de près de 90 à environ 30. Treize résidents ont déjà été exclus, dont plusieurs devaient poursuivre leurs études ou recherches durant l'été, leurs projets étant compromis par l'absence de logement. À l'inverse, parmi les conservés, plusieurs avaient terminé leur semestre académique.

La sélection des résidents maintenus est jugée arbitraire. Santiago Muzio a demandé aux candidats au maintien de présenter des documents académiques et personnels pour établir un « ordre de mérite », mais les résultats ont été communiqués de manière partielle et individuelle via un mail depuis sa messagerie personnelle. Le nombre réel de places, les critères appliqués et l'ordre de mérite n'ont pas été rendus publics.

Exclusions politiques ciblées

Parmi les exclus figurent l'actuelle présidente et le vice-président du comité des résidents, comme l'avait été l'ancienne présidente un an plus tôt. La lettre dénonce un « schéma de harcèlement institutionnel visant les personnes qui exercent des fonctions de représentation collective ». Les treize exclus ont également participé à la cérémonie de pose d'une nouvelle plaque en hommage aux disparus de la dictature, organisée par la direction de la CIUP le 24 mars 2026 en réaction aux actes de Muzio, qui avait retiré la plaque précédente.

« Nous considérons qu'il existe des indices suffisants pour dénoncer une persécution politique et une utilisation discrétionnaire des places de la Maison de l'Argentine », indique la lettre. Blandine Sorbe, déléguée générale de la CIUP, a annoncé que quelques résidents souhaitant poursuivre leur séjour ont été relogés dans d'autres maisons du campus.

Les signataires demandent la démission de Santiago Muzio. Ce dernier, contacté par 20 Minutes, n'a pas répondu aux sollicitations.

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