La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rejeté, ce lundi 8 juillet 2024, les recours introduits par Apple contre l'application du règlement sur les marchés numériques (DMA). Cette décision oblige le géant américain à se conformer à la législation européenne visant à encadrer les pratiques des grandes plateformes numériques.
Une défaite judiciaire pour Apple
Apple avait contesté la qualification de ses services, notamment l'App Store et iOS, comme « contrôleurs d'accès » (gatekeepers) au sens du DMA. La société estimait que ces services ne remplissaient pas les critères pour être soumis à des obligations renforcées. Cependant, la CJUE a confirmé la position de la Commission européenne, estimant que les arguments d'Apple étaient infondés.
Selon la décision de la Cour, Apple doit désormais ouvrir son écosystème à la concurrence, notamment en autorisant le téléchargement d'applications en dehors de l'App Store (sideloading) et en permettant l'utilisation de systèmes de paiement alternatifs. Ces mesures entreront en vigueur dans un délai de six mois.
Les implications du DMA
Le DMA, entré en vigueur en mars 2024, impose des règles strictes aux grandes plateformes numériques, telles que l'interdiction de favoriser leurs propres services, l'obligation d'interopérabilité et la transparence sur les algorithmes. Les entreprises qui ne respectent pas ces règles s'exposent à des amendes pouvant atteindre 10 % de leur chiffre d'affaires annuel mondial, voire 20 % en cas de récidive.
Pour Apple, cette décision signifie qu'elle devra modifier profondément son modèle économique. L'App Store génère des milliards de dollars de revenus grâce aux commissions de 30 % sur les transactions. Avec le DMA, les développeurs pourront proposer leurs propres solutions de paiement, ce qui pourrait réduire considérablement ces revenus.
Réactions et perspectives
La Commission européenne s'est félicitée de cette décision. « C'est une victoire pour les consommateurs et la concurrence en Europe », a déclaré un porte-parole. De son côté, Apple a indiqué qu'elle étudiait la décision et qu'elle restait engagée à offrir une expérience sécurisée à ses utilisateurs.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de régulation des géants du numérique. Google, Meta et Amazon sont également soumis au DMA et ont déjà dû adapter leurs pratiques. La décision contre Apple pourrait servir de précédent pour d'autres contentieux en cours.
Selon des analystes, le marché européen représente environ 25 % du chiffre d'affaires d'Apple, ce qui rend la conformité au DMA cruciale pour l'entreprise. Les investisseurs surveillent de près l'impact potentiel sur les marges bénéficiaires d'Apple, qui pourraient diminuer de 2 à 3 % à court terme.



