Antibes : Jean Leonetti assume les investissements sans hausse d'impôts
Antibes : Jean Leonetti assume les investissements sans hausse d'impôts

Face aux critiques de la chambre régionale des comptes et de l'opposition de gauche, le maire d'Antibes Jean Leonetti assume pleinement le financement des investissements du dernier mandat. Lors du dernier conseil municipal, il a détaillé et justifié des recettes prises ailleurs que dans la poche des Antibois.

Une stratégie financière assumée

Le rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) et l'adoption d'une démarche d'optimisation de l'action publique communale étaient au cœur des débats. Jean Leonetti a longuement défendu la stratégie financière de la Ville, rejetant toute hausse d'impôts suggérée par la CRC. "Je pense qu'on doit avoir une exigence supplémentaire", a-t-il commenté, plaçant cette exigence au niveau des services municipaux.

Le maire a affirmé assumer complètement le financement des 285 millions d'euros d'investissements du dernier mandat. Ces sommes n'ont pas été prélevées via les impôts, mais grâce à des apports extérieurs, des opportunités financières et la cession d'éléments du patrimoine. Il a notamment cité la vente des parts de la Ville dans les bailleurs sociaux, rapportant 73 millions d'euros, ainsi que plusieurs cessions foncières réalisées à des montants supérieurs aux estimations : le terrain Marenda Lacan, estimé à 8 millions, a été vendu 28,5 millions, auxquels s'ajoutent 4,5 millions de pénalités de retard.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Compenser les prélèvements de l'État

Pour l'édile, ces recettes exceptionnelles, incluant celles du Port Vauban et de Sophia Antipolis, ont préservé les finances locales malgré un contexte défavorable. "L'État a prélevé 120 millions d'euros de plus sur Antibes en six ans, soit 20 millions par an", a-t-il insisté. Il a répondu aux critiques du conseiller LFI Adrien Nouet, qui prônait une augmentation des impôts : "Quand on prend l'argent au port d'Antibes ou sur des gens qui construisent à Sophia Antipolis, je ne pense pas qu'on prenne dans la poche des misérables ou des pauvres, ni même dans celle des Antibois."

Jean Leonetti a souligné que si la Ville suivait les recommandations de la CRC en augmentant les impôts au niveau des autres villes de même strate, elle pourrait récupérer 14 millions d'euros par an, mais ce n'est pas ce qu'elle souhaite.

Optimisation des services

Le rapport de la CRC a aussi noté des marges de progression dans les services. Pour les identifier, la Ville a fait appel à un cabinet extérieur. "Ce n'est pas une défiance vis-à-vis des services", a insisté le maire, saluant le travail des agents dans la maîtrise des dépenses énergétiques et la stabilité des charges de personnel. Il a estimé que des économies supplémentaires sont possibles via une utilisation accrue du numérique, des mutualisations avec la communauté d'agglomération Sophia Antipolis, et une clarification des compétences entre collectivités. Sans cette politique de sobriété, la Ville risquerait "la pente glissante" combinant hausse de la dette et augmentation des impôts.

L'opposition pointe une fragilité financière

Les deux listes d'opposition de gauche ont souligné la "fragilité financière de la commune". Jérôme Bracq (Gauche solidaire écologique et démocratique) a repris des points du rapport évoquant une "information financière aux élus de mauvaise qualité" et une situation précaire reposant sur des produits de cession avec des recettes surestimées, alors que ce foncier serait nécessaire pour le logement social. Le maire a répondu : "Ce qui choque la CRC, c'est qu'on a investi après avoir fait des coups financiers. Mais ce coup par coup a fait en sorte que pas un seul denier de la fiscalité n'a servi aux investissements. Les recettes ont exclusivement servi au fonctionnement."

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Adrien Nouet (Réinventons Antibes Juan-les-Pins) a proposé d'aller chercher des recettes dans l'impôt et a exprimé ses réticences quant au recours à un organisme extérieur pour l'optimisation des services. Il a également dénoncé "la vente excessive de l'immobilier et la baisse des ressources, notamment pour la construction de logement social". Jean Leonetti a réaffirmé assumer pleinement la recherche de recettes d'investissement et a cité l'exemple d'Écotone : "Pourquoi ne pas avoir vendu Écotone à Sophia Antipolis pour faire des logements sociaux ? Je pense que cela serait une mauvaise affaire de faire une densification en périphérie."