Au siècle dernier, Antibes Juan-les-Pins comptait pas moins de onze cinémas, totalisant 4 900 fauteuils. La ville rivalisait alors avec Cannes pour faire briller le 7e art. Retour sur ces salles emblématiques.
Le Grand Théâtre et ses décors en carton-pâte
Dans les années 1920, la place De-Gaulle (alors place Macé) accueillait des séances de cinéma hors du commun. Georges Maréchal, créateur du Grand Théâtre, diffusait des films muets. Pour la promotion, il faisait installer d'impressionnants décors en carton-pâte sur la devanture et parcourait la ville avec une voiture customisée. À l'image du film Ben-Hur (1925), avec son char et ses chevaux factices exposés à l'entrée. Une dizaine d'années plus tard, le Grand Théâtre deviendra le Palmarium, un nom associé à l'incendie du Grand Hôtel en février 1968, qui fit trois morts et sept blessés.
L'éternel cinéma Antipolis
Construit dans les années 1930 par Claude Renoir, fils du peintre, le cinéma Antipolis s'étendait sur plus de 1 000 mètres carrés et sept étages, avec une capacité de plus de mille spectateurs. Il était la plus grande salle de la région. Son exploitation cessa à la fin des années 1960, mais la salle existe toujours, abandonnée derrière le magasin Meubles modernes.
Le Rex, cinéma érotique
Situé rue Lacan, le Rex était doté d'une superbe façade Art déco reconstruite dans les années 1930. La salle et son balcon accueillaient 500 spectateurs pour des séances parfois érotiques. Il ferma vers 1980, laissant place à une droguerie puis un supermarché.
Le Ritz, cinéma pour enfants
À Juan-les-Pins, le cinéma Le Ritz, avenue de l'Esterel, comptait 500 places. Il accueillait les enfants des écoles pour des animations le jeudi. En 1953, il projetait Tant qu'il y aura des hommes, film oscarisé. Il ferma entre la fin des années 1970 et le début des années 1980.
Le Studio 16, aux multiples noms
Imaginé sous le nom de Solazur, il ouvrit en 1948 en tant que Cinéma Fontonnia, au 4-Chemins. Après plusieurs changements de gérance, il devint Studio 16 en 1965, mais ferma en 1971.
Le Capri, cinéma sur le papier
Aucune photo publique du Capri, à Juan-les-Pins, n'existe. Seuls les plans subsistent aux archives municipales. Il possédait un sas vitré au fond de la salle permettant aux spectateurs de fumer tout en regardant le film. La salle de 600 places ferma en 1971.



