Le géant de l'e-commerce Amazon a annoncé mardi 5 mai investir 15 milliards d'euros en France sur trois ans, créant 7 000 emplois, dans un marché chamboulé par l'arrivée de plateformes asiatiques accusées de nuire à l'économie française. Il s'agit de l'investissement le plus important jamais réalisé par Amazon dans le pays.
Quatre nouveaux centres de distribution
Quatre centres de distribution verront le jour en Eure-et-Loir, dans l'Oise, le Rhône et le Haut-Rhin. Les trois premiers ouvriront en 2026, le quatrième en 2027. Le site d'Ensisheim, en Alsace, sera l'un des plus grands d'Amazon en Europe, avec 189 000 m² sur trois niveaux.
Ces centres permettront de créer 7 000 emplois en CDI, selon un communiqué publié mardi soir. Amazon emploie actuellement plus de 25 000 salariés en CDI en France, répartis dans huit centres de distribution, 26 agences de livraison et quatre centres de tri.
Un ancrage renforcé face à la concurrence asiatique
Amazon fait face à une concurrence féroce de la part de plateformes chinoises comme AliExpress, Temu et Shein, accusées de profiter d'une exemption de droits de douane pour inonder le marché européen de produits bas de gamme. En réponse, Amazon met en avant sa contribution fiscale : en 2024, elle s'élevait à plus de 2,6 milliards d'euros, dont 900 millions d'impôts directs.
Jean-Baptiste Thomas, directeur général d'Amazon France, a déclaré que ces investissements se traduiront par des livraisons plus rapides, un choix plus large et des prix bas, tout en réduisant l'empreinte environnementale. Les 15 milliards d'euros bénéficieront aux territoires et aux entreprises françaises utilisant les technologies d'Amazon.
Un leader incontesté de l'e-commerce
Malgré la concurrence, Amazon reste le site le plus fréquenté en France, avec 42 millions de visiteurs mensuels au quatrième trimestre 2025, loin devant Temu (23 millions), Shein (18 millions), AliExpress (17 millions) et Rakuten (10 millions). Ce dernier cherche d'ailleurs un repreneur.
Avec cet investissement, Amazon confirme son modèle d'ancrage en France, alors que le pays est le troisième marché international du groupe après l'Allemagne et le Royaume-Uni.



