L'Allemagne envisage des missiles israéliens et ukrainiens
Allemagne : missiles israéliens et ukrainiens envisagés

L'Allemagne envisage de diversifier ses sources d'approvisionnement en missiles de croisière longue portée en se tournant vers Israël et l'Ukraine, selon une note interne du ministère de la Défense allemand révélée par le média Politico. Deux entreprises ukrainiennes et une start-up israélienne sont en lice pour remporter un contrat visant à renforcer l'arsenal de Berlin, dans un contexte de menace russe croissante et de volonté d'autonomie vis-à-vis des États-Unis.

Les candidats en lice

Selon des responsables au fait du dossier, la direction de l'armement du ministère de la Défense allemand s'intéresse à la start-up israélo-américaine Covenant, fondée en 2024. Celle-ci prévoit de construire un écosystème d'approvisionnement européen souverain et des lignes de production en Allemagne et au Royaume-Uni, précise Politico. Les documents de planification mentionnent également deux entreprises ukrainiennes : Fire Point, qui développe le système "Flamingo", et un fabricant non identifié d'un drone-missile à réaction de moyenne portée nommé "Bars". Ces deux systèmes sont déjà employés dans la guerre contre la Russie, témoignant du saut technologique de Kiev dans l'industrie de défense.

Objectifs et calendrier

Les documents du ministère reflètent l'ambition de Berlin de renforcer dès 2027 son système de défense aérienne avec des missiles de croisière bon marché, achetables en grande quantité, déployables rapidement et capables de menacer des cibles russes. Plusieurs options sont envisagées : la première, pour horizon 2029, consisterait à acheter le lanceur américain Typhon, capable de tirer des missiles Tomahawk. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, avait déjà adressé une demande officielle aux États-Unis l'an dernier. La seconde option viserait des missiles à bas coût, prêts dès 2027. Deux autres axes concernent des projets européens à plus long terme, dont un missile de croisière haut de gamme développé avec la Grande-Bretagne, prévu pour 2032, selon Politico. Un arsenal diversifié constituerait un changement de stratégie majeur pour la défense allemande.

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Indépendance vis-à-vis des États-Unis

L'intérêt pour les fournisseurs israéliens et ukrainiens intervient alors que le président américain Donald Trump a décidé de ne plus déployer en Allemagne une unité équipée de missiles Tomahawk, contrairement à l'accord passé avec son prédécesseur Joe Biden lors d'un sommet de l'Otan en 2024. Au-delà du désengagement américain en Europe, ce revirement s'explique par la réduction du stock de Tomahawks due à la guerre en Iran : selon le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), 850 missiles ont été tirés durant les premières semaines du conflit, soit environ un quart du stock américain, tandis que la marine américaine ne devrait recevoir que 110 nouveaux missiles cette année.

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