Un ancien expert en sécurité de Meta, anciennement Facebook, a ouvert les hostilités lors du procès intenté contre le géant des réseaux sociaux, accusé de concevoir ses plateformes pour créer une addiction chez les utilisateurs. Ce témoignage, rapporté par Libération, marque une étape clé dans une affaire qui pourrait redéfinir les responsabilités des grandes entreprises technologiques.
Un témoignage accablant sur les pratiques internes
L’ancien employé, dont l’identité n’a pas été divulguée, a déclaré devant la cour que Meta avait sciemment ignoré les avertissements de ses propres experts sur les risques d’addiction liés à ses algorithmes. Selon lui, des études internes montraient que les fonctionnalités comme le défilement infini et les notifications push étaient conçues pour maximiser le temps passé sur les applications, au détriment de la santé mentale des utilisateurs. « Les dirigeants savaient que ces mécanismes étaient problématiques, mais ils ont choisi de privilégier les profits », a-t-il affirmé.
Le procès, qui se déroule à San Francisco, a été intenté par plusieurs États américains et des groupes de défense des consommateurs. Ils accusent Meta de violer les lois sur la protection des consommateurs en trompant les utilisateurs sur les dangers de l’addiction. Le témoignage de l’ancien expert a été présenté comme une preuve centrale, car il détaille des réunions internes où des employés auraient exprimé leurs inquiétudes sans être écoutés.
Des chiffres alarmants sur l’addiction
Selon des documents présentés au tribunal, près de 40 % des adolescents américains déclarent passer plus de cinq heures par jour sur les plateformes de Meta, comme Instagram et Facebook. Une étude interne citée par l’ancien expert estime que cette utilisation excessive est directement liée à des taux accrus d’anxiété et de dépression chez les jeunes. « Les algorithmes ne sont pas neutres ; ils sont programmés pour capter l’attention, même si cela nuit à l’utilisateur », a-t-il ajouté.
Meta a rejeté ces accusations, affirmant que ses plateformes offrent des outils de contrôle du temps d’écran et des ressources pour la santé mentale. Dans un communiqué, l’entreprise a déclaré : « Nous investissons massivement dans la recherche pour comprendre et atténuer les risques, et nous continuerons à améliorer nos services. » Cependant, les plaignants estiment que ces mesures sont insuffisantes et que Meta doit être tenue responsable des dommages causés.
Un impact potentiel sur l’industrie technologique
Ce procès pourrait avoir des répercussions majeures pour l’ensemble du secteur des réseaux sociaux. Si les plaignants obtiennent gain de cause, Meta pourrait être contrainte de modifier ses algorithmes et de payer des amendes substantielles. Les experts juridiques estiment que cela créerait un précédent pour d’autres entreprises comme TikTok ou Snapchat, également accusées de pratiques addictives.
L’audience se poursuit cette semaine, avec d’autres témoins prévus, dont des psychologues et des anciens cadres de Meta. Le verdict, attendu dans les prochains mois, pourrait influencer les régulations futures sur la conception des plateformes numériques. En attendant, le témoignage de l’ancien expert a déjà relancé le débat public sur la responsabilité des géants technologiques face à la santé mentale des utilisateurs.



