12 ans de prison pour le financier du gang corse du Petit Bar
12 ans de prison pour le financier du Petit Bar

Mickaël Ettori, 53 ans, considéré comme un pilier du gang corse du Petit Bar, a été condamné mardi à douze ans de prison par le tribunal correctionnel de Marseille pour d'importantes opérations de blanchiment international. Le tribunal a également prononcé une amende d'1,5 million d'euros, confirmant intégralement sa décision du 28 mai 2025, rendue en l'absence du prévenu. Ettori, qui était en cavale depuis cinq ans, avait été arrêté par les gendarmes le 13 décembre 2025 et avait fait opposition à sa condamnation par défaut.

Un pont entre criminalité organisée et finance en col blanc

Au terme de trois jours d'audience, du 28 au 30 avril, Mickaël Ettori n'a pas convaincu le tribunal que son train de vie fastueux entre 2018 et 2021 était justifié par une activité occulte dans le négoce de montres de luxe, et non par le trésor de guerre du Petit Bar, a indiqué la présidente Patricia Krummenacker. Selon le parquet de Marseille, qui avait requis entre douze et quatorze ans de prison, Ettori était « le pont entre le monde de la criminalité organisée et le monde de la finance en col blanc », au service d'une « association mafieuse impliquée depuis des décennies dans des trafics internationaux de stupéfiants, des extorsions de commerce » et qui a mis « une chape de plomb sur la Corse-du-Sud ».

Des millions brassés par le trio de décideurs

Les procureurs Isabelle Candau et Mathieu Bertola ont détaillé : « Ils captent des activités économiques pour faire de l'argent et ont brassé des millions. » Aux yeux de l'accusation, Mickaël Ettori occupe un rôle de premier plan dans « un trio de décideurs » aux côtés de Pascal Porri et de Jacques Santoni, puissant patron du Petit Bar.

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Des fonds placés en Chine et des projets immobiliers

Mickaël Ettori a accueilli le jugement depuis une salle de visioconférence du centre pénitentiaire d'Aix-en-Provence. Confronté aux propos des membres du Petit Bar captés lors de sonorisations de leurs appartements parisiens, d'écoutes téléphoniques et aux déclarations de certains condamnés ayant reconnu des opérations bancaires et des remises d'espèces, le tribunal a estimé que « les explications ou tentatives d'explications » d'Ettori étaient « incohérentes ». Selon les juges, il s'agissait bien de « rapatrier des fonds placés en amont à l'étranger, notamment en Chine, afin de financer son train de vie mais également celui du clan du Petit Bar et de ses proches, et de financer des projets d'investissement ». L'association de malfaiteurs avait « pour finalité de préparer des opérations de placement de fonds occultes par Jacques Santoni et son équipe, comme, par exemple, des projets immobiliers à Courchevel ou l'acquisition d'un bowling à Ajaccio ».

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