Deux artistes iraniens ont été arrêtés à Téhéran lors d'une réunion de travail avec des diplomates français, a annoncé le ministère français des Affaires étrangères. Le Quai d'Orsay a immédiatement appelé à leur libération, dénonçant une « arrestation arbitraire ».
Une réunion de travail sous haute tension
Selon les informations rapportées par Libération, les deux artistes, dont les noms n'ont pas été divulgués, participaient à une rencontre avec des membres de l'ambassade de France à Téhéran. La réunion se tenait dans un lieu privé de la capitale iranienne lorsqu'elle a été interrompue par les forces de sécurité iraniennes. Les diplomates français, présents sur place, n'ont pas été inquiétés, mais les deux artistes ont été emmenés.
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé l'incident dans un communiqué, précisant que les services consulaires étaient mobilisés pour suivre la situation et apporter leur soutien aux personnes arrêtées. Aucune précision n'a été donnée sur le motif de l'arrestation, mais la France a qualifié l'acte d'« arbitraire » et a exigé des autorités iraniennes la libération immédiate des deux artistes.
Un précédent diplomatique tendu
Cet incident survient dans un contexte de relations déjà tendues entre Paris et Téhéran. Depuis plusieurs mois, les autorités iraniennes ont procédé à l'arrestation de plusieurs ressortissants étrangers ou binationaux, souvent accusés d'espionnage ou de menaces contre la sécurité nationale. La France a déjà dénoncé à plusieurs reprises ces pratiques, qui touchent également des citoyens français.
En 2022, la France avait déjà exprimé sa vive préoccupation après l'arrestation de plusieurs de ses ressortissants en Iran. Les affaires de ce type sont régulièrement utilisées par Téhéran comme levier de négociation dans le cadre des discussions internationales.
La réaction de la communauté artistique
L'arrestation de ces deux artistes a suscité une vague d'émotion dans le milieu artistique iranien, déjà très surveillé. De nombreux artistes et intellectuels iraniens vivent sous la menace constante d'arrestations pour leurs prises de position ou leurs créations jugées subversives par le régime.
Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont appelé à la mobilisation internationale pour obtenir la libération des deux artistes. Le Quai d'Orsay a indiqué que la France restait « extrêmement vigilante » et qu'elle suivait la situation « au plus près ».
En attendant, les deux artistes restent détenus dans un lieu tenu secret. La France n'a pas évoqué de mesures de rétorsion, mais a rappelé que la protection de ses ressortissants et de ceux qui travaillent avec ses diplomates était une priorité absolue.
Cette affaire intervient alors que les discussions sur le programme nucléaire iranien sont dans l'impasse, et que la France tente de maintenir un canal de dialogue avec Téhéran. L'arrestation de ces artistes pourrait compliquer encore davantage ces relations déjà fragiles.



