La Société Radio-Canada (CBC), le radiodiffuseur public canadien, a récemment pris une décision qui a provoqué un tollé : ses journalistes ne sont plus autorisés à utiliser le mot « terroriste » pour désigner les auteurs des attentats du 11 septembre 2001. Cette directive, révélée par le quotidien National Post, a été confirmée par un porte-parole de la chaîne, qui a expliqué que le terme « terroriste » est désormais considéré comme trop « chargé » et « émotionnel ».
Une consigne interne qui suscite la controverse
Selon le National Post, la consigne a été transmise aux journalistes de la CBC dans le cadre d'un guide de style interne. Le porte-parole a précisé que cette décision s'inscrit dans une volonté de « neutralité » et de « précision » dans le traitement de l'information. Toutefois, cette justification n'a pas convaincu les détracteurs, qui y voient une forme de « censure » et un « déni de la réalité ».
La nouvelle a rapidement enflammé les réseaux sociaux et a été reprise par de nombreux médias internationaux. Plusieurs personnalités politiques canadiennes, dont le chef du Parti conservateur, ont exprimé leur indignation, estimant que cette décision « insulte la mémoire des victimes » et « affaiblit la lutte contre le terrorisme ».
Des précédents dans d'autres médias
La CBC n'est pas la première organisation médiatique à adopter une telle position. En 2013, l'agence de presse Associated Press (AP) avait déjà recommandé à ses journalistes d'éviter le terme « terroriste » en raison de son caractère « subjectif et chargé d'émotion ». Plus récemment, en 2021, la BBC avait également émis des directives similaires, préférant des termes comme « attaque » ou « attentat » sans qualificatif.
Cette tendance soulève des questions sur la manière dont les médias couvrent les actes de violence politique. Certains estiment que cette approche vise à éviter toute stigmatisation des communautés musulmanes, tandis que d'autres y voient une dérive dangereuse qui banalise le terrorisme.
Une décision critiquée mais assumée
Malgré les critiques, la CBC assume pleinement son choix. Le porte-parole a rappelé que la chaîne s'engage à « rendre compte des événements avec exactitude et impartialité », et que l'utilisation de termes neutres fait partie de cet engagement. Il a également souligné que cette directive ne concerne pas uniquement les attentats du 11 septembre, mais s'applique à l'ensemble des actes violents.
Cette décision intervient alors que le Canada se prépare à commémorer le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre. Les cérémonies officielles, qui se dérouleront à Ottawa et à Toronto, devraient être l'occasion de rendre hommage aux 24 Canadiens morts dans les attaques. La CBC, en tant que radiodiffuseur public, couvrira ces événements, mais devra le faire sans utiliser le terme banni.
La controverse ne semble pas près de s'apaiser. Les prochaines semaines diront si cette directive sera maintenue ou si la pression publique forcera la chaîne à revenir sur sa décision. En attendant, le débat sur la liberté de la presse et la sémantique du terrorisme reste plus que jamais d'actualité.



