Renault jugé pour tromperie aggravée dans l'affaire Dieselgate
Renault jugé pour tromperie aggravée dans le Dieselgate

Renault sera jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour tromperie aggravée dans le cadre du vaste scandale du « Dieselgate ». Le constructeur automobile, qui promet de défendre son innocence, est le deuxième à être renvoyé en procès en France après Volkswagen. L’ordonnance de renvoi a été rendue le 24 juillet et notifiée le 27 juillet 2026, avec une audience de fixation prévue le 1er avril 2027.

Les faits reprochés à Renault

Entre 2009 et 2017, Renault est soupçonné d’avoir truqué les tests d’homologation de ses véhicules diesel Euro 5 et Euro 6. Selon les réquisitions du parquet de Paris, dont l’AFP a eu connaissance, le constructeur aurait « spécialement calibré » les moteurs pour qu’ils respectent les normes lors des tests, mais pas en conditions réelles de conduite. Cette pratique aurait entraîné une augmentation des émissions d’oxydes d’azote (NOx), polluants nocifs pour la santé respiratoire.

Le ministère public évoque une « stratégie assumée d’optimisation » prise de manière « collégiale ». Au total, 2 062 796 véhicules seraient concernés en France, dont 1 768 006 de norme Euro 5 et 294 790 de norme Euro 6, pour un chiffre d’affaires estimé à 32,9 milliards d’euros selon les avocats de parties civiles.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La défense de Renault

Dans un communiqué, Renault a affirmé qu’il défendrait « son innocence, le professionnalisme et l’éthique de ses 100 000 collaborateurs » devant la justice. Le groupe insiste sur le fait que « les véhicules Renault ont tous et toujours été homologués conformément aux lois et réglementations françaises et européennes applicables ». Il souligne également que l’ordonnance de renvoi reconnaît que les véhicules ne sont pas équipés de dispositifs frauduleux, et se réfère à une décision de la Haute Cour de justice de Londres ayant rejeté des demandes similaires.

Les autres constructeurs dans la tourmente

Volkswagen a déjà été renvoyé en correctionnelle en janvier 2026 pour tromperie, avec une audience de fixation le 18 décembre 2026. Les faits portent sur près d’un million de véhicules diesel de marques Volkswagen, Audi, Seat et Skoda, entre 2009 et 2016. Le parquet de Paris a également demandé le renvoi de Peugeot-Citroën et Fiat Chrysler, mis en examen depuis 2021, mais la décision finale appartient au juge d’instruction.

Les avocats de parties civiles, Mes Marc Barennes et Romain Boulet, se sont félicités de ce renvoi, espérant « obtenir la condamnation de Renault à une juste réparation de leurs préjudices ». Ils estiment que les manipulations ont rendu l’utilisation de ces véhicules dangereuse pour la santé. Me François Lafforgue, qui intervient dans le dossier Volkswagen, a également salué la décision, attendant « du tribunal qu’il dégage toutes les responsabilités ».

Des sanctions financières potentielles

Renault et Volkswagen encourent une amende maximale de 750 000 euros, qui peut être portée à 10 % du chiffre d’affaires annuel moyen proportionnellement à l’avantage tiré du manquement. Une interdiction d’exercer certaines activités professionnelles ou commerciales peut également être prononcée. Vu le nombre de véhicules et de parties civiles, ces procès s’annoncent massifs.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale