Guerre en Ukraine : Banderol, l'arme russe low-cost qui épuise Kiev
Banderol : l'arme russe low-cost qui épuise la défense ukrainienne

Depuis plusieurs mois, l'armée russe a intensifié l'utilisation d'un leurre low-cost baptisé Banderol, conçu pour épuiser les défenses antiaériennes ukrainiennes. Selon des informations rapportées par L'Express, cette arme rudimentaire mais efficace sature les systèmes de détection et force Kiev à gaspiller ses précieuses munitions.

Un leurre conçu pour la saturation

Le Banderol, dont le nom évoque un rouleau de papier, est un engin volant non piloté, fabriqué à partir de matériaux bon marché comme le carton et le polystyrène. Il est propulsé par un petit moteur à essence et peut atteindre une vitesse de 100 km/h. Sa charge utile est quasi inexistante, mais son objectif principal est de simuler un drone ou un missile russe, déclenchant ainsi les alarmes et les tirs de la défense antiaérienne ukrainienne.

D'après des sources militaires ukrainiennes citées par l'article, ces leurres sont lancés par vagues, souvent en combinaison avec des drones d'attaque réels comme les Shahed iraniens. Cette tactique de saturation vise à submerger les batteries de missiles sol-air, qui doivent alors choisir entre engager un leurre ou risquer de laisser passer une cible réelle. Le coût unitaire du Banderol est estimé à quelques centaines de dollars, contre plusieurs centaines de milliers pour un missile intercepteur.

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Un manque de munitions critique pour Kiev

Les responsables ukrainiens, interrogés par L'Express, tirent la sonnette d'alarme. « Nous utilisons des missiles coûteux pour abattre des cibles qui ne valent presque rien », explique un officier de la défense antiaérienne. « Cela crée un déséquilibre intenable. Nous avons besoin de davantage de systèmes de brouillage et de munitions moins chères pour faire face à cette menace. »

Selon les données fournies par l'armée de l'air ukrainienne, la Russie aurait lancé plusieurs centaines de Banderol au cours des dernières semaines, principalement contre des infrastructures critiques et des zones urbaines. Cette stratégie intervient alors que l'aide militaire occidentale, notamment en matière de missiles antiaériens, se fait plus rare. Le président Volodymyr Zelensky a récemment déclaré que l'Ukraine ne dispose que de 30 % des munitions nécessaires pour protéger son ciel.

Une adaptation tactique de l'armée russe

L'utilisation massive du Banderol s'inscrit dans une évolution plus large de la tactique russe. Après avoir échoué à détruire la défense antiaérienne ukrainienne par des frappes massives, Moscou cherche désormais à l'épuiser par une guerre d'attrition. Les leurres permettent également de tester les emplacements des batteries et de cartographier les failles du dispositif ukrainien.

Un expert militaire interrogé par L'Express souligne que cette arme low-cost n'est pas nouvelle, mais que son utilisation à grande échelle est récente. « La Russie a toujours eu une longueur d'avance dans le domaine des leurres, mais le Banderol est une version simplifiée et produite en masse. C'est une réponse à la pénurie de missiles de croisière et de drones sophistiqués. »

Face à cette menace, les ingénieurs ukrainiens développent des contre-mesures, notamment des systèmes de détection acoustique et des drones intercepteurs bon marché. Cependant, ces solutions en sont encore au stade expérimental. En attendant, chaque Banderol abattu par un missile Patriot ou S-300 représente une perte stratégique pour Kiev.

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