Antonio Guterres tire la sonnette d'alarme sur une situation régionale explosive
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exprimé mercredi une inquiétude profonde face à une guerre « hors de contrôle » au Moyen-Orient. Lors d'une conférence de presse, il a lancé un appel pressant à tous les belligérants pour qu'ils mettent un terme immédiat aux hostilités.
Le spectre de Gaza plane sur le Liban
« Le modèle de Gaza, ravagé par la guerre entre Israël et le Hamas, ne doit pas être reproduit au Liban », a plaidé avec force Antonio Guterres. Il a insisté sur le fait que la situation humanitaire déjà catastrophique à Gaza ne devait en aucun cas se répéter chez son voisin du nord.
Le chef de l'ONU a tiré ces conclusions alarmantes suite à sa récente visite au Liban, où il a pu constater de visu les souffrances endurées par les populations civiles. « À travers la région et au-delà, les civils subissent un grave préjudice et vivent dans une profonde insécurité », a-t-il déploré.
Un appel urgent à la désescalade
Antonio Guterres a formulé des demandes claires et précises aux différentes parties impliquées :
- Au Hezbollah : cesser immédiatement le lancement d'attaques contre Israël
- À Israël : mettre un terme à ses opérations militaires et ses frappes au Liban, où les civils paient le plus lourd tribut
Ces appels interviennent dans un contexte particulièrement tendu, alors que le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich a menacé début mars la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, de subir la même dévastation qu'Israël a infligée à Gaza.
Un conflit aux conséquences humanitaires dramatiques
Les chiffres communiqués par le ministère de la Santé libanais sont éloquents : 1 094 personnes, dont 121 enfants, ont perdu la vie dans des frappes israéliennes depuis le début du conflit le 2 mars dernier. Plus d'un million de personnes ont été déplacées, créant une crise humanitaire majeure.
« Après plus de trois semaines, la guerre est hors de contrôle », a constaté le secrétaire général de l'ONU. « Ce conflit a dépassé les limites que même les dirigeants estimaient imaginables. Le monde fait face au risque d'une guerre plus large, une marée de souffrance humaine et un choc économique plus profond. C'est allé trop loin. »
Messages directs aux grandes puissances
Antonio Guterres a adressé des messages distincts aux principaux acteurs régionaux :
- Aux États-Unis et à Israël : « Il est grand temps de mettre un terme à la guerre »
- À l'Iran : « Il est temps d'arrêter d'attaquer ses voisins qui ne sont pas partis au conflit »
Le secrétaire général a par ailleurs annoncé la nomination du diplomate français Jean Arnault comme son envoyé spécial chargé de mener les efforts de l'ONU concernant le conflit et ses conséquences, ainsi que de soutenir tous les efforts de médiation en cours.
Cette désignation intervient alors que les tensions régionales se sont encore aggravées fin février avec le début des attaques israélo-américaines contre l'Iran, qui a répliqué en frappant des cibles en Israël et dans les pays du Golfe. Antonio Guterres avait alors prévenu que ces combats risquaient de provoquer une réaction en chaîne que personne ne pourrait contrôler – une prédiction qui semble malheureusement se vérifier.



