Toulon mobilise sa jeunesse face au risque nucléaire
Le parvis du Zénith de Toulon et sa petite salle se transforment, pendant deux jours, en un espace pédagogique dédié à la compréhension du risque nucléaire. Destiné aux scolaires, ce « village de la résilience » s'inscrit en marge de l'exercice PPI prévu les 1er et 2 avril 2026, un test de sécurité grandeur nature dans la base navale.
Une initiative pour démystifier un sujet sensible
Laurence, professeure de français au collège Marie-Curie de La Seyne, accompagne sa classe de cinquième. « Ça fait un peu peur, tout ça », confie-t-elle, tandis que ses élèves écoutent un intervenant du projet « OpenRadiation » expliquer les millisieverts et les doses critiques d'exposition aux rayonnements ionisants. Rose, douze ans, est captivée : « Je ne savais même pas qu'il y avait des réacteurs nucléaires à Toulon. »
L'objectif de ce premier village est clair : expliquer le risque nucléaire à 700 collégiens des quatre communes bordant la rade de Toulon. Un kakémono à l'entrée résume l'ambition : « comment bien se protéger ». Cette sensibilisation est cruciale, compte tenu de la présence de huit réacteurs nucléaires dans le plus grand port militaire d'Europe, équipant le porte-avions et les six sous-marins d'attaque de la Marine nationale.
Former des relais d'information auprès des familles
Simon Babre, préfet du Var, souligne l'importance de cette démarche : « L'idée, c'est de sensibiliser un public curieux, avide de connaissances, qui sera ensuite un bon vecteur d'information vis-à-vis des familles. » L'installation s'inscrit dans le cadre de l'exercice PPI Toulon 2026, qui simule un accident fictif dans la base navale tous les trois ans.
Les contours de l'événement seront dévoilés ce vendredi lors d'une réunion publique à 18 heures dans la petite salle du Zénith, ouverte à la population. On sait déjà que des établissements scolaires et des structures pour personnes âgées seront impliqués en temps réel lors de l'exercice.
Des stands interactifs pour un apprentissage ludique
Avec l'amiral Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée, Simon Babre a visité chacun des stands du village. Parmi eux :
- Le Module d'appui à la gestion de crise (Magec)
- L'Unité de décontamination du SDIS
- La Cellule d'intervention des risques technologiques des marins-pompiers
Exposés didactiques et jeux de société pédagogiques sont utilisés pour enseigner aux jeunes l'utilité des comprimés d'iode ou l'intérêt du confinement en cas d'alerte. Christophe Lucas interpelle une classe de cinquième du collège Marcel-Pagnol à Toulon : « Et vous savez pourquoi on a besoin de chaufferies nucléaires sur nos navires ? C'est notre autonomie stratégique : cela permet au porte-avions ou au sous-marin de naviguer de façon illimitée sur les mers du globe, sans avoir besoin de se ravitailler en carburant. »
Farès, les yeux écarquillés, résume l'expérience : « On en apprend des choses dans ce village. » Cette initiative marque une étape importante dans la préparation des jeunes générations aux enjeux de sécurité nucléaire, tout en renforçant la résilience collective face à des risques bien réels.



