Thomas Pesquet réalise son rêve d'enfance en pilotant un Rafale
Le 23 mars 2018 restera une date mémorable pour l'astronaute Thomas Pesquet. Ce jour-là, depuis la Base aérienne 118 Colonel-Rozanoff de Mont-de-Marsan, il a enfilé la tenue de pilote de chasse, un rêve de jeunesse inspiré par des héros comme Tom Cruise dans Top Gun et Marchelli dans Les Chevaliers du ciel. Assis sur le siège éjectable d'un Rafale de l'escadron 2/30 Normandie-Niemen, il a embarqué pour une mission d'une heure et demie, secondant le commandant Antoine dans un exercice de combat qui l'a mené des Landes au Massif central.
Une expérience intense et instructive
Pendant ce vol, Thomas Pesquet a non seulement découvert le panel des missions de l'escadron, mais il a aussi pris les commandes pour sentir les réactions de l'appareil. Son instructeur, qui allait prendre le commandement de l'escadron cet été-là, a souligné cette opportunité unique. À peine descendu de l'avion, Pesquet, le visage illuminé d'un grand sourire, a cherché les mots pour décrire ses sensations. « Dans une fusée, le décollage est dynamique mais on va plutôt en ligne droite, l'atterrissage secoue, mais c'est plus court. Là, pendant une heure et demie en Rafale, la mission est tellement variée… Ce sont peut-être des sensations meilleures que dans l'espace ! », a-t-il confié, visiblement émerveillé.
Des mondes connexes : l'espace et l'aviation militaire
Reconnaissant de cette expérience, différente de son passé de pilote de ligne, Thomas Pesquet a noté les similitudes entre ses deux univers. « Dans l'espace comme dans un avion de chasse, il y a la conduite d'un système complexe, du pilotage, beaucoup de technique. Et puis, derrière, beaucoup d'humain. Eux, comme nous, travaillons en équipage. Ce sont des milliers de personnes qui rendent opérationnels ces escadrons de chasse », a-t-il expliqué. Invité par un ancien de sa promotion de Supaéro et en tant que colonel de la réserve citoyenne Ader, il a également apprécié de rejoindre temporairement l'escadron Normandie-Niemen, qu'il parraine, et d'évoquer son histoire franco-russe.
Préparation et réflexions sur le métier militaire
La veille du vol, Thomas Pesquet s'était entraîné sur un simulateur, où il a connu quelques crashs, une étape cruciale pour réduire l'appréhension selon le lieutenant-colonel Mathieu. Qualifié pour piloter l'Airbus A 310 Zéro-G, il a souligné la culture commune de gestion du risque entre astronautes et militaires. « On a en commun cette culture de la gestion opérationnelle du risque. Au-delà du pilotage, nous prenons des décisions dans le stress, on n'apprend pas ça à un astronaute ! », a rappelé le colonel Gaudillière. Cette première expérience à 1 500 km/h lui a laissé une impression durable, au point d'évoquer un possible changement de carrière, bien qu'il ait finalement réaffirmé son engagement pour la science spatiale, notant que le métier militaire, sérieux et impliquant, ne correspondait pas à ses valeurs de jeunesse.



