Le mea culpa nucléaire d'Ursula von der Leyen : l'Europe reconnaît son erreur stratégique
Europe : le mea culpa nucléaire de von der Leyen

Le revirement historique de l'Europe sur l'énergie nucléaire

Dans une déclaration retentissante, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reconnu que l'Europe a commis une erreur stratégique majeure en tournant le dos à une source d'énergie fiable, abordable et à faibles émissions de carbone. Ce mea culpa atomique revêt une dimension particulièrement symbolique, car von der Leyen était ministre du Travail dans le gouvernement d'Angela Merkel lorsque cette dernière annonça brutalement, le 15 mars 2011, la sortie accélérée de l'Allemagne du nucléaire au lendemain de l'accident de Fukushima.

Le parcours contradictoire d'Angela Merkel

Physicienne de formation, la chancelière allemande était pourtant une farouche adepte de l'énergie atomique. Lorsqu'elle dirigeait l'opposition, elle avait vivement critiqué en 2002 la « décision purement idéologique » prise par la coalition « rouge-verte » de Gerhard Schröder d'abandonner le nucléaire dès 2020. Une fois au pouvoir, elle était revenue sur l'objectif fixé par son prédécesseur en décidant, à l'automne 2010, de prolonger de douze années la durée d'exploitation des réacteurs allemands.

Cependant, quelques mois plus tard, sous la pression d'une opinion publique effrayée par les images d'explosions en série dans la centrale japonaise, elle n'eut d'autre choix politique que de reprendre à son compte le slogan fondateur des Grünen : « Atomkraft ? Nein, danke ».

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L'onde de choc en France et en Europe

Le nuage de particules antinucléaires venu de Fukushima a également atteint la France. Pour obtenir le soutien électoral des Verts, François Hollande promit de réduire de 75 à 50 % la part du nucléaire dans la production d'électricité française. Cet engagement fut repris par Emmanuel Macron et son ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, qui annonça avec une joie non dissimulée la fermeture prochaine de la centrale de Fessenheim.

Il faudra attendre cinq années pour que les écailles énergétiques tombent des yeux du chef de l'État français, qui proclama finalement dans son discours de Belfort « la relance de l'ambition nucléaire française ».

Les conséquences économiques du désamour pour l'atome

Le résultat de cette défiance généralisée envers le nucléaire est sans appel : la part de l'énergie atomique dans la production d'électricité européenne est tombée de 30 % en 1990 à seulement 15 % actuellement. Cette diminution drastique a entraîné :

  • Une dépendance accrue aux importations d'énergie
  • 95 % de ces importations concernent des hydrocarbures
  • Ces importations représentaient en 2024 plus de la moitié (57 %) de la consommation énergétique totale de l'Union européenne

Cette situation engendre non seulement une perte de souveraineté énergétique, mais également une perte de compétitivité industrielle significative. Le prix de l'électricité est désormais deux fois moins cher aux États-Unis que dans l'Union européenne, et le renoncement au nucléaire porte une lourde part de responsabilité dans le décrochage du PIB par habitant des pays du Vieux Continent.

La machine à peurs et à désinformation

Ces réalités économiques ne semblent pas émouvoir les Verts, ralliés à l'idéologie décroissante et dont le populisme énergétique a fait tourner à plein régime la machine à peurs et à fake news autour du nucléaire. Les médias continuent d'évoquer avec effroi « la catastrophe de Fukushima », qui n'a pourtant causé aucun décès direct, alors que le bilan du séisme et du tsunami au Japon s'élève, selon l'Agence de la reconstruction, à 19 759 morts et 2 553 disparus.

Autre illustration du pouvoir de désinformation du lobby antinucléaire : 52 % des Français pensent toujours que « le nucléaire émet du CO2 et contribue au dérèglement climatique ». Cette proportion s'élevait toutefois à 69 % en 2019, signe que, avec les guerres en Ukraine et en Iran, les Français commencent à prendre conscience de la dangereuse utopie énergétique des Verts.

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Un changement de paradigme énergétique

Plus la planète est envahie par les odeurs de gaz et de pétrole, plus les diatribes contre le nucléaire – qualifié de « délire prométhéen » par Sandrine Rousseau – témoignent d'une idéologie radicale totalement déconnectée des besoins économiques des citoyens. Plus le prix du gazole monte, plus les Français et les Européens sont nombreux à scander le nouveau slogan d'Ursula von der Leyen : « Atomkraft. Ja, bitte ».

Ce revirement historique marque peut-être le début d'une nouvelle ère pour la politique énergétique européenne, où la rationalité économique et la sécurité d'approvisionnement reprennent le pas sur les considérations purement idéologiques.