Le détroit de Bab el-Mandeb, situé entre le Yémen et Djibouti, est devenu un enjeu géopolitique majeur. Selon un rapport récent, l'Iran utilise ce passage stratégique pour renforcer son influence au Yémen et menacer les routes commerciales mondiales. Le détroit voit transiter environ 10 % du commerce maritime mondial, soit 6 millions de barils de pétrole par jour.
Un levier stratégique pour Téhéran
L'Iran soutient les rebelles houthis au Yémen, qui contrôlent désormais une partie de la côte ouest du pays, notamment la ville de Hodeida. Cette position leur permet de menacer le trafic maritime dans le détroit. Selon un expert cité par l'AFP, « Téhéran utilise Bab el-Mandeb comme une carte de pression sur l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ».
Les Houthis ont déjà attaqué des navires saoudiens et émiratis dans la zone, utilisant des missiles et des drones fournis par l'Iran. En 2018, une attaque contre deux pétroliers saoudiens a temporairement perturbé le trafic. Depuis, les compagnies maritimes renforcent la sécurité de leurs convois.
Impact sur le commerce mondial
Le détroit de Bab el-Mandeb relie la mer Rouge à l'océan Indien. Tout blocage pourrait avoir des conséquences économiques désastreuses. Selon la Chambre internationale de la navigation, une fermeture de quelques jours entraînerait des pertes de plusieurs milliards de dollars. Les pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, dépendent de cette route pour exporter leur pétrole vers l'Europe et l'Asie.
L'Iran, de son côté, cherche à contourner les sanctions internationales. En contrôlant indirectement Bab el-Mandeb, il peut exercer une pression sur ses rivaux régionaux. Un analyste de l'Institut pour les études de sécurité de l'Union européenne déclare : « C'est une stratégie asymétrique : avec des moyens limités, l'Iran peut paralyser une route clé du commerce mondial ».
Réponse internationale
Face à cette menace, une coalition menée par l'Arabie saoudite mène des opérations navales pour sécuriser le détroit. Les États-Unis ont également renforcé leur présence militaire dans la zone. Cependant, la situation reste fragile. Les Houthis continuent de recevoir des armes iraniennes, malgré l'embargo de l'ONU.
Le Yémen, en proie à une guerre civile depuis 2014, est devenu le théâtre d'une lutte d'influence entre l'Iran et les monarchies du Golfe. Bab el-Mandeb est désormais au cœur de cette rivalité, avec des implications qui dépassent largement la région.



