Trump veut élargir les accords d'Abraham, mais se heurte à la réalité
Trump veut élargir les accords d'Abraham

Une initiative controversée de Donald Trump

Le président américain Donald Trump a exhorté lundi sur son réseau social Truth Social plusieurs pays du Golfe persique à rejoindre les accords d'Abraham. Il a écrit que l'Arabie saoudite et le Qatar devraient être les premiers à les signer, et a appelé le Pakistan, la Turquie, l'Égypte et la Jordanie à les imiter. Cet appel est pour le moins curieux concernant la Turquie, qui reconnaît Israël depuis 1949, ainsi que pour l'Égypte et la Jordanie, qui ont conclu des traités de paix avec l'État hébreu en 1979 et 1994 respectivement.

Les accords d'Abraham : un bilan contrasté

Signés en 2020 lors du premier mandat du milliardaire républicain, les accords d'Abraham entérinaient une normalisation complète des relations diplomatiques entre Israël et les Émirats arabes unis. Bahreïn, le Kazakhstan, le Maroc et le Soudan les ont rejoints par la suite. "L'élargissement de ces accords apportera pour la première fois depuis 5 000 ans pouvoir, force et paix au Moyen-Orient", a écrit Trump avec son habituel sens de l'hyperbole.

Un contexte de tensions avec l'Iran

Cette proposition intervient alors que les négociations pour mettre un terme à la guerre avec l'Iran peinent à produire des résultats concrets. Malgré les messages optimistes de l'administration américaine, le détroit d'Ormuz reste verrouillé par Téhéran, tandis que la marine américaine poursuit son blocus des ports iraniens. Lundi, les tensions ont même connu une recrudescence : les Américains ont coulé deux navires des gardiens de la Révolution qui tentaient de poser des mines dans le détroit, et les Iraniens ont répondu par des tirs de missiles sol-air avant que leurs lanceurs ne soient bombardés.

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Une surprise pour les pays du Golfe

Cette volonté d'élargir les accords d'Abraham est une surprise pour les pays du Golfe mentionnés. Plusieurs d'entre eux, notamment le Pakistan et l'Arabie saoudite, prennent une part active aux négociations entre Washington et Téhéran et ne s'attendaient pas à se voir remerciés par cette injonction trumpienne. L'initiative se heurte surtout au mur de la réalité : les pays que Trump évoque exigent une solution à la cause palestinienne avant toute procédure d'adhésion. Des responsables qataris ont déclaré que Doha n'avait pas l'intention d'adhérer aux accords d'Abraham. De même, l'Arabie saoudite demande la création d'un État palestinien, alors que la pression sur la Cisjordanie des colons israéliens n'a jamais été aussi forte.

Des critiques et des doutes

Trump a même écrit que l'Iran pourrait rejoindre les accords une fois l'accord de paix signé avec Washington, mais Téhéran s'est fixé pour but l'anéantissement de l'État hébreu et son remplacement par un État palestinien. "C'est un espoir ancré dans une galaxie lointaine, très lointaine, plutôt que dans les nouvelles réalités du Golfe", a déclaré Aaron David Miller, ancien négociateur pour le Moyen-Orient. Dan Shapiro, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël, a jugé la proposition "inutilement compliquée et irréaliste". Ces analyses peu encourageantes remettent en question la dernière initiative sortie du Bureau Ovale.

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